Deux policiers portent plainte pour "racisme" et "mise en danger de la vie d'autrui" au sein de la police à Strasbourg

L'un des plaignants avait dénoncé les faits dans un rapport interne, mais l'IGPN avait classé le dossier sans suite en mars.

L\'hôtel de police de Strasbourg, siège de la Direction départementale de la sécurité publique du Bas-Rhin, sur le service Google Maps.
L'hôtel de police de Strasbourg, siège de la Direction départementale de la sécurité publique du Bas-Rhin, sur le service Google Maps. (GOOGLE MAPS)

Deux policiers ont porté plainte contre X, l'un pour "racisme, discrimination et harcèlement moral", l'autre pour "mise en danger de la vie d'autrui", pour des faits subis au sein de la police nationale à Strasbourg, a annoncé leur avocate lundi 21 septembre.

Le premier plaignant, Haykal Rezgui Raouaji, dit avoir subi des propos "ouvertement racistes" de la part de collègues, au sein de la Formation motocycliste urbaine départementale de Strasbourg, qu'il a rejointe fin 2018. Il dit aussi avoir été "mis à l'écart" par sa direction. 

"Constamment associé aux terroristes"

Fin 2019, il avait rédigé un rapport qu'il décrit comme "très circonstancié, avec des dates, des lieux, des précisions" sur les faits subis, qu'il avait adressé à la Direction départementale de la sécurité publique (DDSP). L'IGPN s'était saisie de l'affaire, qu'elle avait finalement classée "sans suite" en mars.

"De manière perverse, mes restrictions alimentaires ou mes tenues vestimentaires sont constamment associées aux terroristes ou aux 'racailles' qui sont dans l'inconscient de ces fonctionnaires tous les jeunes issus des quartiers sensibles, sans distinction", écrivait-il dans ce document, dont Rue89 Strasbourg a publié des extraits.

L'autre plaignante est son épouse, également policière. "Son arme a été trafiquée", affirme l'avocate : elle a retrouvé dans son chargeur des balles normalement réservées au stand de tir et interdites sur la voie publique. Une menace déguisée à l'encontre de son mari, estime l'avocate.

Désormais affecté à un poste de bureau dans une commune au nord de Strasbourg et désarmé, le policier motard demande à être muté, avec sa femme, à Toulouse, d'où il est originaire. Il réclame également une indemnité.