Violences sur Hedi à Marseille : "Mon client fait confiance à la justice", confie l'avocat du policier détenu, à la veille d'une nouvelle audition

Selon son avocat, il s'agissait "d'un tir de LBD de nuit, dans un contexte quasi-insurrectionnel".
Article rédigé par France Info
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L'avocat du policier soupçonné de violences sur Hedi à Marseille,  Pierre Gassend, le 3 août 2023 au Palais de justice d'Aix-en-Provence. (CLEMENT MAHOUDEAU / AFP)

"Il fait confiance à la justice, pour que ses explications sur les circonstances du tir LBD, dans un contexte dégradé de violences urbaines, sur un individu possiblement menaçant, permettent la manifestation de la vérité et sa remise en liberté", a confié mercredi 30 août à franceinfo, l'avocat du policier de la Bac de Marseille, placé en détention provisoire, soupçonné d'avoir tiré au LBD sur un jeune homme début juillet, lors des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel.

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Le fonctionnaire, mis en examen dans cette affaire pour "violences volontaires aggravées", comme trois autres collègues, doit être de nouveau interrogé par le juge d'instruction dans la matinée. L'un des enjeux de ce rendez-vous est sa possible remise en liberté. L'occasion pour le suspect de livrer sa version des faits, dans le huis clos du bureau du juge d'instruction en charge du dossier. Comme l'explique à franceinfo son avocat, Pierre Gassend, il s'agit du récit "d'un tir de LBD de nuit, dans un contexte quasi-insurrectionnel".

"Laver son honneur"

Le policier est donc soupçonné d'avoir tiré au LBD, dans la nuit du 1er au 2 juillet, sur Hedi, 22 ans, gravement blessé à la tête. Les médecins avaient dû lui enlever une partie du crâne. Cette affaire - et ce placement en détention provisoire - avait provoqué la colère de nombreux policiers, qui avaient alors décidé d'appliquer le code 562, leur permettant de n'effectuer que les missions d'urgence. 

Son avocat, Pierre Gassend, qui lui a rendu visite une dizaine de fois, précise à franceinfo que son client, détenu à l'isolement, a un "moral d'acier, malgré une détention éprouvante". Il ajoute qu'il veut "laver son honneur" et "dire qu'il a fait ce que son devoir lui imposait de faire".

En garde à vue à l'IGPN, puis lors de sa mise en examen, le policier marseillais avait assuré ne pas être l'auteur du tir sur Hedi. Quelques jours plus tard, il avait finalement reconnu publiquement, devant la Cour d'appel d'Aix-en-Provence, avoir tiré. Il affirmait alors qu'Hedi, capuche sur la tête, avait "armé son bras, poing fermé pour jeter un objet". Les magistrats avaient décidé de maintenir le policier en détention provisoire, pointant des incohérences dans son récit et le risque de concertation avec ses collègues, également mis en cause dans cette affaire.

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