Procès des policiers brûlés à Viry-Châtillon : huit accusés condamnés à 10 à 20 ans de prison pour tentative de meurtre, cinq acquittés

Le 8 octobre 2016, une vingtaine de jeunes avaient attaqué des policiers au cocktail Molotov. Treize comparaissaient devant la cour d'assises de l'Essonne. Huit ont été condamnés, cinq acquittés.

Une voiture de police brûlée à Viry-Châtillon, le 8 octobre 2016 après une attaque au cocktail Molotov.
Une voiture de police brûlée à Viry-Châtillon, le 8 octobre 2016 après une attaque au cocktail Molotov. (THOMAS SAMSON / AFP)

La cour d'assises de l'Essonne a prononcé mercredi 4 décembre des peines de 10 à 20 ans de réclusion criminelle pour huit des treize personnes accusées dans le procès de l'affaire des policiers grièvement brûlés au cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essonne) en 2016, a constaté la journaliste de franceinfo présente sur place. Les cinq autres accusés ont été acquittés. La cour a estimé que les huit hommes condamnés à des peines de dix à vingt ans de réclusion ont bien été auteurs d'une tentative de meurtre.

Les policiers déçus par le verdict

Les syndicats de policiers, interrogés par franceinfo, estiment mercredi soir que les peines sont trop légères pour des personnes reconnues coupables de tentative de meurtre. Les avocats de la défense jugent, de leur côté, que la cour a cédé aux pressions des syndicats.

Une justice "pas à la hauteur", a réagi sur Twitter, Linda Kebbab, déléguée nationale du syndicat Unité SGP-Police, qui s'est portée partie civile au procès. Les accusés auraient dû être condamnés à perpétuité pour avoir tenté de "brûler vivants des humains", selon la policière.

Devant la cour d'assises de l'Essonne, à Évry, une centaine de policiers étaient venus soutenir leurs quatre collègues à l'annonce du verdict, a constaté franceinfo. Les avocats de la défense regrettent l'appel des syndicats de policiers à se mobiliser au palais de justice d'Evry, alors qu'eux disent avoir appelé les proches des accusés à ne surtout pas venir, afin d'éviter tout éventuel débordement.

Un procès à huis-clos qui a duré six semaines

Des peines de 20 à 30 ans de prison avaient été requises contre les 13 jeunes, âgés de 19 à 24 ans, pour tentative de meurtre sur personnes dépositaires de l'autorité publique. Le procès s'est déroulé depuis le 15 octobre sous haute protection policière, à huis clos, trois des accusés étant mineurs au moment des faits en 2016.  

Le 8 octobre 2016, deux voitures de police stationnées à proximité du quartier de la Grande Borne, considérée comme l'une des cités les plus sensibles d'Île-de-France, ont été prises d'assaut par une vingtaine de jeunes. En quelques secondes, ils étaient parvenus à briser les vitres et à jeter des cocktails Molotov dans l'habitacle. Dans la première voiture, les deux sièges avant ont pris feu. Un adjoint de sécurité, aujourd'hui 31 ans, et une gardienne de la paix, 42 ans, ont été gravement brûlés. Dans la seconde, deux autres avaient été blessés par des jets de pierre.