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"On a énormément de piscines en France mais pas de maîtres-nageurs" : la Fédération des sauveteurs appelle à un plan de formation d'urgence

En ce mois de juillet caniculaire, de nombreux Français vont chercher la fraîcheur à la plage ou dans des bassins. Or, il n'y a pas assez de surveillants qualifiés pour encadrer ces baignades, alerte l'un de leurs représentants.

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Un maître-nageur sauveteur à Mulhouse (Haut-Rhin). (VINCENT VOEGTLIN / MAXPPP)

Alors que les noyades se multiplient chaque année, mille encore l'année dernière, et que certaines plages ou piscines doivent fermer par manque de personnel de sécurité ou de surveillance, la Fédération française des maîtres-nageurs sauveteurs tire à nouveau la sonnette d'alarme samedi 16  juillet sur franceinfo. Axel Lamotte, membre de son comité directeur, demande un plan d'urgence pour former de nouveaux maîtres-nageurs et "sauver des vies."

franceinfo : On voit de plus en plus de plages fermées, cela vous inquiète ?

Axel LamotteElles sont très nombreuses et c'est particulièrement dramatique avec des températures caniculaires comme cette année. On sait que l'eau est un conducteur de température trente fois plus efficace que l'air, il est donc recommandé d'aller se baigner pour se rafraîchir. Nous, cela fait trente ans que l'on demande un plan d'urgence pour la formation des maîtres-nageurs, pour endiguer ces drames de noyades, pour apprendre à nager à tout le monde, à encadrer. Mille noyades, c'est un triste chiffre, qui va augmenter cette année.

On ne trouve même plus de personnes qui ont des brevets de secouristes sauveteur aquatiques. Un brevet de bénévole qui était devenu monnaie courante.

Axel Lamotte, maître-nageur sauveteur

à franceinfo

C'est une formation de 35 heures pour les bons nageurs. Mais tout le monde ne peut pas être sauveteur, quand on se porte au secours on risque d'être pris à la gorge, ou ailleurs, par la victime qui se sent défaillir et qui a peur de mourir noyée. Il faut être très à l'aise dans l'eau.

Aujourd'hui quand vous demandez à avoir un maître-nageur, c'est difficile d'en trouver ?

Quand je contacte une entreprise d'intérim en région parisienne, ils sont incapables de me fournir ne serait-ce que des gens avec un brevet, un job d'été pour un étudiant en Staps. On manque de maîtres-nageurs depuis trente ans, donc cela ne va pas s'améliorer. On a écrit aux différents candidats à la présidentielle. On a eu des réponses favorables avant l'élection... Mais les faits nous donnnent raison, malheureusement. Il faut un plan d'urgence de formation. On a énormément de piscines en France mais pas de maîtres-nageurs, c'est un paradoxe terrible.

Vous trouvez qu'on ne s'est pas intéressé à vous en trente ans ?

Il y a eu des situations ubuesques avec les réformes du diplôme. En 2007, le niveau de diplôme de maître-nageur ne donnait pas le titre de maître-nageur, donc on a tout vu.

Aujourd'hui, l'Education nationale ne trouve pas de maîtres-nageurs donc on prend des parents bénévoles pour apprendre à nager aux enfants. Imaginez si demain à l'hôpital on recrute des chirurgiens bénévoles.

Axel Lamotte

à franceinfo

Il faut être sérieux et former de vrais professionnels. Mais il y a un manque de reconnaissance. On passe 35 heures au bassin pour 1 300 euros. Mais avec les changements de tenue, la préparation des cours, c'est plutôt 42h. Donc on va prendre une camionnette et livrer des cartons, on travaillera moins pour le même salaire. Tous les plans sont bons à prendre mais on manque d'encadrants. Donc il faut former des maîtres-nageurs, avec une vraie table ronde, une politique ambitieuse pour sauver des vies.

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