Nouvelle agression de Youssouf Fofana en prison

A la prison de Condé-sur-Sarthe, où il purge sa peine de perpétuité pour la mort de Ilan Halimi, Youssouf Fofana a tenté de planter un stylo dans la nuque d'un surveillant. Un incident "fortuit et sans gravité", relativise le ministère. Par solidarité, les syndicats annoncent 15 minutes de débrayage ce matin.

(Youssouf Fofana, lors de son extradition de Côte d'Ivorie, le 4 mars 2006 © SIPA/ BIAN)

C'est peu dire qu'il est coutumier du fait. Condamné à la perpétuité pour avoir torturé et tué Ilan Halimi, Youssouf Fofana multiplie les agressions en prison. Nouvel épisode hier : à la prison de Condé-sur-Sarthe, près d'Alençon, l'ancien chef du gang des barbares a tenté de planter un stylo dans la nuque d'un surveillant. Celui-ci a manifestement pu esquiver le coup ; il a été examiné à l'hôpital et est ressorti peu après.

Un autre détenu de la même prison s'en était pris, juste avant, à un autre surveillant - qui avait lui aussi esquivé le coup... Par solidarité, toutes les centrales retarderont la prise de service de 15 minutes, selon FO pénitentiaire. Le ministère de la Justice, lui, confirme un "incident fortuit et sans gravité".

 

Fofana agresse un surveillant : détails de Joseph Rousseau, délégué régional adjoint FO pénitentiaire
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"Prendre encore dix ans, ça ne me dérange pas !"

Vendredi dernier, la cour d'appel de Caen a condamné Fofana à quatre ans de prison - au lieu de trois en première instance - pour deux agressions, avec des armes artisanales (une boîte de sardines trafiquée, puis une brosse à dent affûtée), contre des surveillants, en décembre 2013 et février 2014. A l'énoncé du jugement, Fofana avait assuré que "prendre encore dix ans, ça ne (le) dérangeait pas".

Pourtant, la prison de Condé-sur-Sarthe est l'établissement le plus sécurisé de France, ouvert en mai 2013 pour accueillir les détenus qui posent problème ailleurs.

En février 2013, Fofana avait déjà été condamné à sept ans de prison supplémentaires, pour "apologie du terrorisme" - une histoire de vidéos tournées dans sa cellule, où il appelait à la "révolte des Africains".