Tuerie de Chevaline : à la recherche d'un 4x4 gris britannique

Les enquêteurs ont lancé un appel à témoins, près de huit mois après le début de l'enquête sur les meurtres de quatre personnes, en Haute-Savoie.

Un camion de pompiers se dirige vers le lieu où s\'est produite la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), le 5 septembre 2012.
Un camion de pompiers se dirige vers le lieu où s'est produite la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), le 5 septembre 2012. (JEAN-PIERRE CLATOT / AFP)

Près de huit mois après le début de l'enquête sur la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), les enquêteurs ont lancé un nouvel appel à témoins, lundi 29 avril. Un appel relayé au Royaume-Uni par la BBC en prime time dans son émission "Crimewatch".

Les gendarmes espèrent ainsi retrouver le propriétaire d’un 4x4 BMW X5 de couleur foncée aperçu le jour du crime dans la forêt de la Combe d’Ire, là où les corps de Saad Al-Hilli, de sa femme, de sa belle-mère ainsi que celui du cycliste français ont été retrouvés.

Un volant à droite 

La présence de ce véhicule n’est pas une nouveauté pour les gendarmes. Dès les premières heures de l’enquête, un témoin qualifié de "fiable" a donné un signalement précis sur ce 4x4 qu’il a croisé sur la route forestière menant à la scène de crime. Un détail fourni par ce passionné de voitures a retenu l’attention des gendarmes : le volant se trouvait à droite, ce qui laisse penser que le conducteur est britannique, comme trois des victimes.

"Pour l’instant, ce n’est qu’un témoin, s’empresse de préciser une source proche de l’enquête, mais sur l’ensemble des conducteurs signalés ce jour-là dans le secteur, il est le seul à ne pas être identifié." Depuis, les gendarmes tentent de retrouver le 4x4. Ils ont visionné des heures d’enregistrements de vidéosurveillance saisis dans toute la région. Mais ils ont fait chou blanc. Pourtant, les moyens affectés à l’enquête sont exceptionnels, une quarantaine de militaires travaillant pratiquement à plein temps sur ce dossier. "On a très peu d’éléments, déplore Eric Maillaud, le procureur de la République d’Annecy. On essaie malgré cela d’avancer."

L'inhabituelle arme du crime 

Parmi ces éléments, l’identification de l’arme utilisée par le tueur : un Luger 06, une arme de collection dont disposait autrefois l’armée suisse. Malheureusement, faute de traçabilité, il est quasi impossible de remonter jusqu’à son propriétaire. Pour cette raison, le choix de ce vieux pistolet automatique, à mille lieues des calibres utilisés aujourd’hui par le grand banditisme, ne doit peut-être rien au hasard. De plus, l’arme a pu être volée, ce qui conduit les enquêteurs à éplucher un nombre incalculable de dossiers de cambriolages.

Enquête internationale 

A partir des douilles découvertes sur la scène de crime, les enquêteurs ont par ailleurs identifié le lot de munitions. Mais, là encore, l’espoir a tourné court : le lot en question comprend plusieurs millions d'unités.
 
L’enquête se  poursuit également à l’étranger. Au Royaume-Uni, bien sûr, mais aussi en Suisse, au Luxembourg, en Allemagne, en Suède, aux Etats-Unis et en Irak, où des commissions rogatoires internationales ont été envoyées. "On a toujours pas le petit coup de pouce du destin, reconnaît  le procureur d’Annecy. Mais cela viendra. C’est une question de temps."