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Tuerie de Chevaline : bloquée en Irak, l'enquête suit la piste familiale

Le père de famille tué en septembre dernier devait se rendre en Irak pour toucher un héritage dont son frère avait tenté de le déposséder.

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France Télévisions
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Sur les lieux du meurtre de trois membres d'une même famille et d'un cycliste français, à Chevaline (Haute-Savoie), le 8 septembre 2012. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Neuf mois après la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), les enquêteurs semblent désormais privilégier la piste familiale. De nombreux éléments laissent penser que ce quadruple meurtre pourrait être lié à l’héritage du père de Saad Al-Hilli, estimé à plusieurs millions d’euros. Il a fui l’Irak dans les années 1980, laissant derrière lui au moins deux entreprises, dans le secteur de la volaille et du papier-toilette, ainsi qu’un appartement dans un quartier huppé de Bagdad, dont la valeur serait estimée entre 500 000 et 600 000 euros. Ce logement est aujourd'hui occupé par un membre de la famille Al-Hilli.

Après la mort de son père, Saad Al-Hilli a manifesté son intention de récupérer le patrimoine familial. Peu de temps avant son assassinat, il avait projeté de se rendre en Irak.

Zaid Al-Hilli "a essayé de spolier son frère"

A Bagdad, la vie des Al-Hilli semble loin d’être un long fleuve tranquille. Les enquêteurs ont recueilli des informations concernant des actes de violence, voire des assassinats, perpétrés il y a quelques années au sein de la famille. Des commissions rogatoires internationales ont été envoyées pour y voir plus clair, mais à ce jour, les enquêteurs n’ont aucune réponse. Les gendarmes de la section de recherche de Chambéry sont prêts à s’envoler pour Bagdad - un dispositif spécial de protection a même été envisagé - mais, pour des raisons de sécurité, le ministère de la Justice s’oppose fermement à ce déplacement.

L’autre volet de l’enquête sur l’héritage concerne Zaid Al-Hilli, le frère de la victime. "Il a essayé par tous les moyens de spolier son frère", constate le procureur de la République d’Annecy. Son père lui avait demandé de rédiger un projet de testament dont les effets auraient été équitables pour la fratrie. Une confiance trahie par Zaid Al-Hilli, qui aurait établi un document très favorable à ses intérêts. Son père s’en est rendu compte avant de mourir et le testament a été modifié.

Zaid Al-Hilli aurait également tenté de récupérer une partie de l’argent laissé par son défunt père sur un compte en Suisse, environ un million d’euros. Il aurait pour cela utilisé une fausse carte bancaire. Mais la banque a bloqué cette manœuvre frauduleuse.

Un mystérieux interlocuteur en Roumanie

Enfin, les enquêteurs s’intéressent à de multiples conversations téléphoniques entre Zaid Al-Hilli et un mystérieux correspondant roumain, quelque temps avant le quadruple meurtre. Des investigations sont en cours en Roumanie, mais elles n’ont pas permis pour l’instant d’identifier le destinataire des appels.

"Il n’y a à ce jour aucun élément objectif permettant de confondre Zaid Al-Hilli, reconnaît le procureur d’Annecy. Il était en Angleterre au moment des faits. Mais il faudra que nous l’entendions de façon beaucoup plus précise." Le magistrat sait qu’il doit composer avec la justice britannique. Outre-Manche, où il réside, Zaid Al-Hilli a pour l’instant été entendu comme simple témoin.

Quarante à cinquante gendarmes travaillent encore au quotidien sur cette affaire. "L'exploitation de tous les éléments recueillis représente encore un an de travail", confie une source proche de l’enquête. Le caractère international du dossier ne facilite pas les investigations. Les commissions rogatoires diligentées par les juges d’instruction visent une quinzaine de pays qui coopèrent parfois très difficilement.

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