Meurtre d'une étudiante à Toulouse : les suspects se seraient inspirés de la série "Breaking Bad"

Pour faire disparaître le corps, les suspects auraient tenté de le dissoudre dans de l'acide. 

Des officiers de police devant l\'immeuble de Toulouse où a été retrouvé le cadavre décomposé d\'une jeune femme, le 4 août 2015. 
Des officiers de police devant l'immeuble de Toulouse où a été retrouvé le cadavre décomposé d'une jeune femme, le 4 août 2015.  (AFP)

Le scénario de la mort d'Eva Bourseau, une étudiante de Toulouse, se précise après les déclarations des suspects. Trois hommes et une femme âgés de 19 à 23 ans doivent être déférés au parquet, vendredi 7 août, dans le cadre de ce meurtre apparemment lié à un trafic de drogue. Pour faire disparaître le corps, les auteurs se seraient inspirés de la série américaine "Breaking Bad", a indiqué le procureur de la République, Pierre-Yves Couilleau.

Un "déferlement de violence"

Selon le magistrat, l'étudiante s'était lancée depuis peu dans le trafic de drogue avec deux des suspects pour le compte du suspect le plus âgé, un ancien étudiant en école de commerce, désigné comme la "tête de réseau". Le meurtre de la jeune femme serait lié à une dette de 6 000 euros contractée par la victime auprès de ce dernier, décrit comme "dangereux et violent".

Deux d'entre eux, âgés de 19 et 22 ans, se seraient rendus au domicile de la victime dans la nuit du 26 au 27 juillet. Ils y auraient notamment fumé du speed et de l'atropine, un produit tonicardiaque, a indiqué Pierre-Yves Couilleau. Le duo aurait fait "preuve d'un véritable déchaînement, déferlement de violence, marqué par l'usage d'un poing américain et d'un pied-de-biche", a déclaré le procureur.

Une malle et de l'acide

Ils auraient ensuite voulu faire croire à une disparition et se seraient inspiré de la série "Breaking Bad" pour faire disparaître le corps. Ils ont acheté "de l'acide et une malle en polyéthylène afin de plonger le cadavre et de le dissoudre", indique le magistrat.

Les suspects seraient, par la suite, revenus tous les jours de la semaine suivante pour nettoyer l'appartement, dérober des objets et vérifier l'état du cadavre. Les deux étudiants auraient notamment calfeutré l'appartement et répandu des désodorisants pour maquiller l'odeur du corps.

Des étudiants sans antécédents judiciaires

Le parquet a confirmé qu'Eva Bourseau était morte d'une fracture du crâne et que son corps montrait d'autres fractures, notamment au nez. "Le but de la visite à la victime était de la supprimer et de lui dérober des objets", selon les propos d'un suspect.

"Ce qui frappe dans cette affaire, c'est évidemment le profil des personnes mises en cause, qui sont, pour les deux principaux, étudiants ou étaient étudiants en maths sup", a déclaré le procureur. Aucun des quatre suspects n'avait d'antécédent judiciaire.