Henri Leclaire renvoyé devant les assises pour le double meurtre de Montigny-lès-Metz

Aujourd'hui retraité, Henri Leclaire avait, à l'époque des faits, en septembre 1986, avoué en garde à vue le double meurtre d'enfants.

Henri Leclaire, le 5 août 2014 à Metz (Moselle). 
Henri Leclaire, le 5 août 2014 à Metz (Moselle).  (FRED MARVAUX / AFP)

Après Patrick Dils, finalement acquitté, et Francis Heaulme, toujours en attente de jugementHenri Leclaire sera jugé devant les assises de la Moselle. Il avait été jusque-là mis en examen pour homicide le 5 août 2014, dans l'affaire du double meurtre d'enfants de Montigny-lès-Metz (Moselle), en septembre 1986.

C'est l'avocate de l'une des parties civiles qui l'a annoncé, mercredi 20 avril. Les juges d'instruction ont décidé de ne pas suivre l'avis du parquet de Metz, qui avait requis le 21 mars un non-lieu en faveur d'Henri Leclaire, a ajouté, "satisfaite", Dominique Boh-Petit, confirmant une information du Républicain Lorrain.

Des aveux dès 1986

Aujourd'hui retraité, Henri Leclaire était, à l'époque des faits, manutentionnaire dans une entreprise proche des lieux où ont été tués les deux garçons. A l'époque, et dès les premiers jours de l'enquête, il avoue en garde à vue le double meurtre, en expliquant que, "sans savoir pourquoi", il avait "pris une pierre et frappé la tête de chacun des enfants". Mais sa version comporte trop de détails inexacts pour les policiers, d'avantage séduits par la piste Patrick Dils, qui lui aussi est passé aux aveux. 

Condamné deux fois, Dils sera innocenté à l'issue de son troisième procès en 2002. Depuis, Leclaire a toujours clamé son innocence. Y compris quand Francis Heaulme, le tueur de l'Yonne, deuxième suspect du meurtre, explique en 2002 qu'il a vu Henri Leclaire descendre en courant du talus où ont été trouvés les corps. Certains croient même à une complicité entre les deux hommes, sur la base d'un témoignage de Heaulme qui citait un certain "Henri Leclerc" en 1992. Placé sous le statut de témoin assisté, Henri Leclaire a bénéficié d'un non-lieu en 2013. 

Deux témoins de dernière minutes 

Mais c'est à l'occasion du procès en assise de Francis Heaulme, le quatrième dans cette affaire, qu'Henri Leclaire ressurgit. Deux témoins de dernière minute l'accablent. Un ex-conducteur de la SNCF affirme avoir vu Henri Leclaire courir le long des voies le jour du crime, vêtu d'un tee-shirt ensanglanté. L'autre témoignage, le plus troublant, est celui d'une femme à qui il se serait confié en 2012 : dans des termes quasiment identiques à ceux de ses aveux de 1986, il lui a dit s'en être pris aux enfants, en niant toutefois les avoir tués.

Confronté à cette nouvelle accusatrice, Leclaire a reconnu avoir tenu de tels propos. Mais il a affirmé dans la foulée avoir "inventé" cette histoire. L'institution judiciaire a tout de même estimé ces révélations suffisantes pour interrompre le procès de Heaulme et ouvrir une nouvelle enquête contre lui.