Mali : un Français soupçonné d'être djihadiste mis en examen

L'homme de nationalité franco-malienne extradé mardi dernier a été mis en examen vendredi à Paris et placé en détention provisoire. Il est soupçonné d'avoir voulu rejoindre les groupes djihadistes au Mali. Un autre homme a également été mis en examen dans la même affaire, ils sont poursuivis pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

(Reuters)

Arrêté le 3 novembre dernier, puis extradé et placé en garde à vue ce mardi, Ibrahim
Aziz Ouattara, a été mis en examen et placé en détention provisoire vendredi à
Paris. Ce jeune homme de 25 ans est soupçonné d'avoir tenté de rejoindre
les groupes djihadistes opérant dans le nord
du Mali.

Ce Franco-Malien était arrivé à Bamako début novembre 2012 sous
une fausse identité. Il voyageait alors avec les papiers d'un certain Khalifa Dramé
qui a également été mis en examen et écroué vendredi, conformément aux réquisitions du parquet.

Tous deux sont poursuivis pour "association de malfaiteurs en
relation avec une entreprise terroriste
", a-t-on appris de source
judiciaire.

Un homme déjà connu de la justice française

Originaire d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), Aziz Ouattara était
déjà connu de la justice française. Au moment de son arrestation au Mali, il était
sous le coup d'une mesure de contrôle judiciaire. Une décision relative à une
autre affaire antiterroriste concernant l'enquête sur des soupçons de projet
d'attentat contre le recteur de la mosquée de Paris, Dalil Boubakeur
.

Les juges instruisant ce dossier s'étaient notamment intéressés à
ses nombreux séjours à l'étranger, au Yémen et au Pakistan en particulier.
Durant ces voyages, il aurait déjà tenté de rallier les zones de combat djihadiste.

Une information judiciaire parmi d'autres

Plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes à Paris sur
des individus projetant de rejoindre les groupes djihadistes implantés au Mali. Début
février, quatre hommes ont été mis en examen et deux d'entre eux placés en
détention provisoire dans une autre instruction sur une filière de djihadistes
vers le Mali. 

Mi-janvier, le juge antiterroriste Marc Trévidic avait affirmé qu'il
y avait de "dix à quinze français "
qui étaient partis dans le nord du Mali, mais que leur décompte était
difficile.