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Meurtre de Laëtitia : à son procès, Tony Meilhon évoque un complice

Le trentenaire, accusé d'avoir étranglé et démembré la jeune femme en janvier 2011, a donné une toute nouvelle version des faits lors du premier jour de son procès à Nantes.

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France Télévisions
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Le meurtrier présumé de Laëtitia Perrais, Tony Meilhon, au premier jour de son procès à Nantes (Loire-Atlantique), le 22 mai 2013.  (BENOIT PEYRUCQ / AFP)

Il l'a appelé "Monsieur X". Le meurtrier présumé de Laëtitia Perrais, Tony Meilhon, a surpris la cour d'assises de Loire-Atlantique, mercredi 22 mai, en incriminant un complice. Tony Meilhon est accusé d'avoir tué la jeune femme en l'étranglant et en la poignardant, dans la nuit du 18 au 19 janvier 2011, et d'avoir démembré son corps pour le dissimuler dans deux étangs, près de Pornic.

Au premier jour de son procès, à Nantes, le trentenaire a donné une toute nouvelle version des faits. "En voyant le mal que j'ai réalisé, fait, je me dois de dire la vérité. Je me dois pour la famille, les amis et aussi pour Laëtitia", a-t-il dit. Voici ses principales déclarations.

Il dit avoir été aidé pour se débarrasser du corps 

"Je reconnais avoir eu l'accident, avoir porté les coups de couteau [mais] je ne reconnais pas avoir démembré le corps, je reconnais en avoir jeté les membres à Lavau, mais quant à l'étang de Brior [où a été découvert le tronc de la victime], je n'en connaissais même pas l'existence", déclare Tony Meilhon.

Il indique avoir fait appel à un complice au lendemain de la mort de Laëtitia. "Il y a quelqu'un d'autre que je ne mettrai pas en cause. (…) C'est moi qui ai fait appel à lui le matin des faits. J'ai pas fait appel à lui pour le dénoncer par la suite." L'accusé poursuit son récit en appelant cet homme "Monsieur X", selon Ouest-France. Mais il refuse d'en révéler l'identité, en dépit de l'insistance de la cour.

Après avoir raconté que ce complice avait procédé au démembrement à sa place car il ne s'en sentait pas capable, Tony Meilhon ajoute : "On s'est partagé la tâche : il a pris le tronc, j'ai pris les membres et chacun est allé se débarrasser du corps à un endroit". "J'en assume entièrement les conséquences, monsieur", dit-il au président de la cour.

Selon lui, Laëtitia est morte asphyxiée, pas étranglée

Selon sa nouvelle version des faits, après avoir percuté accidentellement Laëtitia Perrais alors qu'elle roulait à scooter et lui en voiture, et persuadé qu'elle était déjà morte, Tony Meilhon l'aurait emmenée et enveloppée dans une bâche en plastique. Selon lui, elle y est morte d'asphyxie. Il lui aurait porté les coups de couteau après sa mort, pour faire croire à un crime.

Tony Meilhon confirme avoir étranglé Laëtitia dans la soirée. Mais, selon lui, l'étranglement n'était pas mortel, contrairement à ce qu'indiquent les résultats de l'autopsie. "Je discrédite l'hypothèse des experts", assène-t-il, comme le rapporte Ouest-France

Il dit avoir menti depuis son arrestation

Tony Meilhon reconnaît qu'au cours de ses interrogatoires depuis son interpellation, le 20 janvier 2011, il a "essayé de [se] faire passer pour fou", notamment avec "les chansons, les simulacres de tentatives de suicide devant les experts".

"Durant toute l'enquête, pendant toute l'instruction, devant les experts, les juges, j'ai menti, je n'ai pas dit la vérité sur quasiment 80% des faits", avoue-t-il. Il admet avoir envoyé un SMS sur le portable de Laëtitia après sa mort pour se "constituer un alibi". Pourquoi avoir caché la vérité pendant deux ans ? "Il est difficile à porter, ce crime", répond-il.

Cette version est inédite, relève le président de la cour. "On va la confronter aux expertises, aux examens."

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