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Le pneumologue Michel Aubier condamné à six mois de prison avec sursis et à 50 000 euros d'amende pour avoir menti devant le Sénat

Cette peine est plus lourde que celle requise par le parquet, et hautement symbolique, car c'est la première fois en France que la justice condamne une personne pour "faux témoignage" devant la représentation nationale.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Le pneumologue Michel Aubier, le 14 juin 2017 à Paris. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Il a été reconnu coupable d'avoir menti sous serment à une commission d'enquête du Sénat. Le pneumologue Michel Aubier a été condamné, mercredi 5 juillet, à six mois de prison avec sursis et à 50 000 euros d'amende pour avoir menti, en 2015, sur ses liens avec le groupe Total à des sénateurs, qui enquêtaient sur la pollution de l'air. Il a en outre été condamné à verser un euro de dommages et intérêts à l'Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), ancien employeur de ce médecin à la retraite.

Il s'agit d'une peine plus lourde que celle requise par le parquet. Elle est aussi hautement symbolique : c'est la première fois en France que la justice condamne une personne pour "faux témoignage" devant la représentation nationale. Michel Aubier n'était pas présent pour la lecture de la décision. Lors du procès, le pneumologue avait plaidé la "bonne foi" et reconnu qu'il avait fait une "erreur".

Près de 100 000 euros par an versés par Total

Ancien chef de service à l'hôpital Bichat, à Paris, et régulièrement invité à l'époque sur les plateaux télé, Michel Aubier avait été entendu le 16 avril 2015 par une commission sénatoriale sur le "coût économique et financier de la pollution de l'air". Il avait déclaré sous serment n'avoir "aucun lien d'intérêt avec les acteurs économiques". Sauf que, depuis 1997, il était employé comme médecin-conseil d'abord par Elf Aquitaine puis par le groupe Total.

L'enquête a révélé qu'en 2012, 2013, 2014 et 2015, il avait touché près de 100 000 euros par an de la part du géant pétrolier, soit près de la moitié de ses revenus annuels. Il avait également reçu des actions. Or le pneumologue n'avait à l'époque mentionné ses activités chez Total ni aux parlementaires, ni à son principal employeur, ni à la Haute Autorité de santé, dont il était membre.

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