La France ordonne l'audition de l'ancien commandant de la prison de Guantanamo

La justice souhaite entendre le général américain Geoffrey Miller dans le cadre d'une plainte de deux anciens détenus.

Le général Geoffrey Miller, ancien commandant du camp de Guantanamo, le 5 mai 2004, à la prison d\'Abou Ghraib, en Irak.
Le général Geoffrey Miller, ancien commandant du camp de Guantanamo, le 5 mai 2004, à la prison d'Abou Ghraib, en Irak. (ANJA NIEDRINGHAUS / AFP)

La justice française a ordonné, jeudi 2 avril, l'audition de l'ex-commandant américain de Guantanamo, le général Geoffrey Miller. Elle répond ainsi favorablement à la demande de deux anciens détenus français de ce centre de détention, a indiqué leur avocat, William Bourdon.

La demande avait été soumise par Nizar Sassi et Mourad Benchellali, arrêtés par les forces américaines en Afghanistan avant d'être transférés vers la base américaine de Guantanamo, à Cuba. Ils y ont été respectivement détenus de la fin 2001 à 2004 et de la fin 2001 à 2005, avant d'être renvoyés en France.

"S'il refuse de venir, il faudra en tirer les conséquences"

Nizar Sassi et Mourad Benchellali avaient porté plainte en France il y a plusieurs années pour détention arbitraire et torture, et une enquête est en cours. Deux juges avaient d'abord rejeté leur demande d'auditionner Geoffrey Miller, mais ce rejet avait été contesté par les plaignants.

"Le général Geoffrey Miller est identifié, dans toutes les enquêtes internationales et américaines, comme étant au cœur du dispositif de politique de torture qui était pratiquée, avait estimé il y a quelques semaines l'avocat William Bourdon. Il n'est pas pensable que des explications ne lui soient pas demandées. S'il refuse de venir, il faudra en tirer les conséquences."

La base américaine de Guantanamo a commencé à recevoir les suspects de terrorisme quatre mois après les attentats du 11 septembre 2001. Plusieurs témoins ont décrit des actes de torture au sein du camp. Malgré la promesse de Barack Obama de fermer le camp, 122 personnes y sont encore détenues. Contrôlé par l'opposition républicaine, le Congrès s'oppose à toute fermeture de la prison. En treize ans, près de 800 hommes y ont été enfermés, pour certains sans inculpation ni procès.