"J'étais incapable de réagir" : une plaignante raconte les viols dont elle dit avoir été victime au procès de Georges Tron

A la barre, une des accusatrices de George Tron a raconté les agressions qu'elle dit avoir subies.

Virginie Ettel, le 12 décembre 2017, au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis).
Virginie Ettel, le 12 décembre 2017, au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis). (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Le procès de Georges Tron se poursuit. Jugé pour viols en réunion depuis mardi devant les assises de Seine-Saint-Denis, avec son ex-ajointe, Brigitte Gruel, l'ancien secrétaire d'Etat à la Fonction publique, a fait face à l'une des victimes présumées, jeudi 14 décembre.

A la barre, Virginie Ettel a raconté les agressions dont elle dit avoir été victime. Une audience difficile au cours de laquelle la plaignante, en larmes, a affronté les questions du président. 

L'ex-secrétaire d'Etat à la Fonction publique et maire en exercice de Draveil (Essonne) est accusé par deux anciennes employées municipales de viols et agressions sexuelles avec la participation de son ex-adjointe à la Culture, Brigitte Gruel. Tous deux clament leur innocence.

"Il m'a caressé le sexe à travers ma culotte" 

Selon ses déclarations, la première agression se déroule en novembre 2009 à l'issue d'un déjeuner avec le maire de Draveil (Essonne), son adjointe à la Culture, Brigitte Gruel, et des pêcheurs.

Virginie Ettel affirme que Georges Tron et Brigitte Gruel lui avaient déjà caressé les pieds sous la nappe pendant le repas. "J'essayais de faire abstraction pour être le plus naturelle possible devant les convives", dit celle qui était alors secrétaire à la mairie. Une fois ces derniers partis, décrit-elle, "Madame Gruel a défait mon chemisier, baissé mon soutien-gorge" avant que Georges Tron ne lui remonte la jupe. L'élu LR lui a, selon elle, caressé le sexe avant de la pénétrer avec un doigt. 

"C'est compliqué quand on est sous le choc"

Vêtue de noir, Virginie Ettel ne retient pas ses pleurs et se tamponne régulièrement les yeux avec un mouchoir : "J'étais incapable de réagir, j'étais plus concentrée sur le battement de mon cœur." L'avocat de la plaignante a par ailleurs reproché au juge la tonalité de ses questions : "Monsieur le président, je suis très surpris du ton de cet interrogatoire qu'on dirait sorti des années 50, où on semble découvrir un phénomène connu depuis 1914 qui s'appelle la sidération."

L'enquête avait montré que la plaignante s'était trompée sur plusieurs dates : celle du repas en question ainsi que celle d'une tentative de suicide qu'elle avait située en décembre alors qu'elle avait en fait eu lieu le soir du déjeuner. "C'est compliqué quand on est sous le choc d'avoir une cohérence", s'est-elle justifié jeudi. "Ce sont des faits qui se sont passées il y a sept ans, je peux comprendre que ce ne soit pas cohérent... Mais je n'ai pas tout noté...", a-t-elle ajouté un peu plus tard. 

"Et c'est reparti"

La cour a ensuite entendu Virginie Ettel sur une autre accusation d'agression sexuelle. "Il m'a fait asseoir à côté de lui pour regarder l'agenda. Il prenait appui sur mon genou gauche. Il insiste pour que j'enlève mon manteau, raconte-t-elle à la barre, il m'a enlevé mes chaussures et pris les pieds pour les réchauffer."

"Après c'est assez vague, poursuit la plaignante. Je me retrouve dans une autre position sur le canapé. Monsieur Tron est allongé il me prend la main et me fait toucher les jambes de Brigitte Gruel. Je me rends compte qu'elle n'a pas de pantalon. Il me met la main sur le sexe de Brigitte. Je sens ses poils pubiens", raconte-t-elle. "Après il a essayé de soulever ma robe et de passer ma main sous mon collant. Heureusement, ce jour-là j'avais un collant. J'ai été quand même caressée."

Quand le président l'interroge avec insistance sur la question de la contrainte, elle explique ne pas s'être défendue, toujours tétanisée par la peur. "En quoi avez-vous été contrainte ?", demande encore le président : "Par l'autorité de monsieur Tron. Par son charisme. C'est quelqu'un d'autoritaire et d'impressionnant. A la mairie il faut lui obéir dans la minute, a-t-elle expliqué. C'est mon employeur. Il a un poste important et j'ai peur."