Acquitté dans une affaire de braquages, un ancien directeur de bureau de poste est menacé de licenciement

La commission disciplinaire de La Poste a rendu un avis favorable au licenciement de Redouane Ikil. L'ancien directeur d'agence avait pourtant été acquitté après avoir été jugé pour complicité de braquages.

Le bureau de poste de Bellefontaine à Toulouse, en mars 2012, fermé au lendemain d\'un braquage.
Le bureau de poste de Bellefontaine à Toulouse, en mars 2012, fermé au lendemain d'un braquage. (MAXPPP)

La commission disciplinaire de La Poste a rendu, lundi, un avis favorable au licenciement de Redouane Ikil, ancien directeur de banque acquitté après avoir été jugé pour complicité de braquages, rapporte France Bleu BéarnCet ancien directeur d'agence postale a passé 38 mois en détention préventive, soupçonné de complicité dans deux braquages à Toulouse en 2012 et 2013. Acquitté aux assises le 30 juin 2017, il n'aspirait pourtant qu'à retrouver son emploi. L'avis de la commission disciplinaire est consultatif. La direction a jusqu'à un mois pour décider de le suivre, ou non.

On lui repproche de ne pas avoir prévenu sa hierarchie

La justice soupçonnait Redouane Ikil, ancien directeur de bureau de poste, d'avoir fourni un dessin ayant facilité deux braquages dans des quartiers toulousains. L'un au bureau de poste de Bellefontaine en 2012, le second à Saint-Cyprien en 2013. Redouane Ikil, innocenté aux assises, estime que le croquis, très sommaire, dit-il, ne pouvait en rien aider les braqueurs. Redouane Ikil explique l'avoir réalisé sous la contrainte, lors d'une agression chez lui en 2013. Des faits, dit-il, qu'il n'avait pas osés dénoncer par peur de représailles.

La commission justifie sa décision par le fait que, contraint de renseigner les braqueurs après avoir été agressé, Redouane Ikil n'a pas prévenu sa hiérarchie. La Poste précise que Redouane Ikil est mis à pied à titre conservatoire en attendant la décision de la direction, avec maintien de sa rémunération.

Le Conseil des prud'hommes sera saisi

"On a l'impression que les choses étaient jouées à l'avance, que les dés étaient pipés, réagit, au micro de France Bleu, Me Edouard Martial, l'avocat de Redouane Ikil. Une discussion juridique qui ne ressemblait à rien. A l'intérieur de La Banque Postale, les gens se sont imaginés, pollués qu'ils étaient par la présentation du dossier, que ce dernier allait être condamné, que ça ne ferait pas un pli. Or il est acquitté et ça modifie la donne." Il précise que le Conseil des prud'hommes sera saisi une fois la décision de la direction connue.

Plusieurs syndicalistes lui apportent leur soutien. Pierre Caubès, secrétaire départemental de Sud PTT Pyrénées-Atlantiques, fait partie des défenseurs de l'ancien boxeur, devenu cadre à La Poste. "C’est quelqu’un qui avait bonne presse vis-à-vis de ses collègues, de sa hiérarchie. Tout le monde appréciait ses qualités humaines et sa gentillesse", déclare-t-il, ajoutant que Redouane Ikil n’a rien à voir avec les braquages, "si ce n’est cette remise sous la contrainte du plan du bureau de poste sur Toulouse".

Ce que l’on constate, c’est que systématiquement, dès lors qu’un agent a fait une faute, la Poste tape fort.Pierre Caubès, Sud PTTà franceinfo

Le représentant syndical estime aussi qu'il est tout à fait possible de trouver une affectation correspondant aux compétences de Redouane Ikil, alors que de son côté, la direction de La Poste met en avant "une perte de confiance" vis-à-vis de ce cadre.

Redouane Ikil, qui avait déclaré sur France 3, après le procès, "vouloir redevenir le directeur exemplaire qu'il était", n'en a pas terminé avec cette affaire. Au risque de licenciement s'ajoute l'hypothèse d'un second procès puisque le parquet général a fait appel de l'acquittement prononcé à Toulouse.