"La piste criminelle est envisagée" : ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de la procureure après l'incendie à Courchevel

Anne Gaches a notamment indiqué qu'une information judiciaire allait être ouverte.

Des pompiers sont sur les lieux d\'un incendie à Courchevel (Savoie), le 20 janvier 2019.
Des pompiers sont sur les lieux d'un incendie à Courchevel (Savoie), le 20 janvier 2019. (FANNY HARDY / AFP)

La piste criminelle est "sérieusement examinée". Après l'incendie qui a tué deux personnes et blessé une vingtaine d'autres, dimanche 20 janvier, à la station Courchevel 1850 (Savoie), dans un bâtiment où logeaient des saisonniers, la procureure d'Albertville Anne Gaches a donné une conférence de presse vendredi. Voici ce qu'il faut en retenir.

La "piste criminelle" est envisagée

"La piste criminelle, c'est-à-dire l'hypothèse d'un départ de feu volontaire, est sérieusement examinée", a déclaré Anne Gaches. Si la procureure a indiqué qu'aucun élément ne permettait pour l'heure "d'identifier un ou plusieurs auteurs", elle a ajouté qu'une information judiciaire serait ouverte lundi 28 janvier "auprès du pôle de l'instruction de Chambéry".

Plusieurs chefs ont été retenus : destruction par incendie ayant entraîné la mort, destruction par incendie ayant entraîné une incapacité totale de travail supérieure à 8 jours, destruction par incendie ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas huit jours et destruction par incendie. D'après Anne Gaches, l'enquête doit déterminer l'origine de l'incendie et savoir "si les conditions de sécurité du bâtiment répondaient aux exigences réglementaires".

Des heurts se sont déroulés avant l'incendie

Avant la conférence de presse, des médias indiquaient déjà qu'une altercation avait eu lieu quelques jours avant l'incendie. Une information confirmée par la procureure : "Il ressort de nombreux témoignages, que des altercations ont eu lieu au sein du bâtiment dans les semaines précédents les faits." Elle précise toutefois qu'aucun "lien formel avec le déclenchement de l'incendie du 20 janvier" n'a été établi. 

De l'essence a peut-être été utilisée sur place

C'est sans doute ce qui laisse penser à une origine criminelle. Peu avant le départ du feu, des victimes affirment avoir senti une odeur d'essence. "Des témoins ont indiqué avoir perçu des effluves d'essence un mois auparavant", ajoute encore la procureure. "Il est envisageable qu'un produit accélérant la combustion ait pu être utilisé. Les analyses sont toujours en cours."

Les victimes ont été identifiées

L'incendie a fait deux morts. Après les autopsies, l'identité des victimes a été établie. Il s'agit, comme l'a indiqué Anne Gaches, d'une jeune femme de 32 ans née à Mayotte et d'un homme de 50 ans né à Roubaix. Ils étaient tous deux employés dans des hôtels-restaurants de Courchevel. 

Ensuite parmi les 17 blessés, la procureure a précisé que quatre ont été grièvement touchés et sont toujours hospitalisés. "Il s'agit de personnes qui ont tenté d'échapper aux flammes et qui souffrent de multiples fractures ou polytraumatismes", rapporte la procureure. Ces personnes sont de diverses nationalités : colombienne, uruguayenne, polonaise, italienne ou belge.