Incendie de Lubrizol : "Une commission d'enquête parlementaire, c'est le seul outil doté de véritables pouvoirs", insiste un député PS

Membre de la commission du développement durable et député PS de Seine-Maritime, Christophe Bouillon, réclame sur franceinfo une commission d'enquête et la nomination d'un collectif d'experts pour analyser les données recueillies après le sinistre. 

Les flammes ravagent une partie de l\'usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre 2019.
Les flammes ravagent une partie de l'usine Lubrizol, à Rouen, le 26 septembre 2019. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

"Je demande une commission d'enquête parlementaire parce que c'est le seul outil doté de véritables pouvoirs de contrôle", déclare jeudi 3 octobre sur franceinfo Christophe Bouillon, député PS de Seine-Maritime. Membre de la commission du développement durable, l'élu a participé à l'audition de la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne ce mercredi soir, une semaine après l'incendie sur le site de l'usine Lubrizol à Rouen.

[La ministre] "nous a dit en substance 'tout est sous contrôle'. Le Premier ministre lui nous a dit 'on ne sait pas tout'. Il y a des marges de manœuvre, il faut aller encore plus loin dans la recherche de la vérité", affirme Christophe Bouillon.

L'élu souhaite la mise en place d'une commission d'enquête

Pour cet élu de Seine-Maritime, une mission parlementaire ne suffit pas, il souhaite la mise en place d'une commission d'enquête au sein de l'Assemblée nationale, comme celle qui se prépare au Sénat. "Dans une mission, vous n'êtes pas obligé de venir. Dans une commission d'enquête vous êtes obligé de venir et de prêter serment, et si vous ne dites pas la vérité c'est une sanction de parjure", estime l'élu, citant les précédentes affaires Benalla, Lactalis et AZF.

Je pense que c'est un moyen sur la durée, d'avoir un retour d'expérience et de faire des propositions.Christophe Bouillon, député PS de Saine-Maritimesur franceinfo

,Et un collectif d'experts pour interpréter les données

Christophe Bouillon "propose aussi la nomination d'un collectif d'experts pour l'interprétation des données et des analyses qui sont mises sur la table. Je pense que si on veut éviter le trouble des citoyens, il faut amener un tiers de confiance, de l'indépendance dans l'interprétation des données", estime l'élu.

Le député de Seine-Maritime se joint par ailleurs aux élus qui réclament la reconnaissance de l'état de catastrophe technologique. "Le Premier ministre a répondu qu'il était d'accord et que cela va être mis en œuvre".