"Il pouvait faire 50 kilomètres à la recherche d'une proie" : un agresseur sexuel en série écroué à Nantes après sept ans d’enquête

La ténacité d'un policier a permis de porter les soupçons sur un homme d’une quarantaine d’années, pour une vingtaine d'agressions sexuelles et de viols entre 2006 et 2016. 

Nantes, en Loire-Atlantique (illustration).
Nantes, en Loire-Atlantique (illustration). (CAPTURE ECRAN GOOGLE MAPS)

Un homme d’une quarantaine d’années est soupçonné d'avoir agressé sexuellement et violé une vingtaine de femmes. La pugnacité d’un policier de la brigade des mœurs de Nantes (Loire-Atlantique), qui après sept ans d'enquête a fini par payer, est relatée dimanche 24 mars par France Bleu Loire Océan. Le suspect a été réentendu cette semaine après avoir été interpellé en novembre dernier.

Une ténacité au service "des proies"

Tenace, le policier avait regroupé différentes affaires dans un même dossier : deux premières agressions sexuelles à Nantes lors de l’été 2012, trois autres un an plus tard et un viol commis à Vallet dans la même période. À chaque fois, le mode opératoire et les descriptions du suspect correspondent. "Il tournait avec sa voiture pendant la nuit et repérait des jeunes femmes", a expliqué le brigadier en précisant que l'homme "pouvait faire jusqu'à 50 kilomètres à la recherche d'une proie".

Généralement, le suspect stationnait sa voiture avant de suivre ses victimes et de les agresser par derrière. En combinant toutes ces informations, le policier finit par obtenir l’ADN, le prénom et l’âge approximatif du suspect. Il sait également qu’il est mécanicien, qu’il vit près de Rennes et qu’il s’est fait tatouer le prénom de sa concubine sur le bras.

Des correspondances dans le fichier des ADN

Le brigadier a appelé une centaine de femmes portant ce prénom en Loire-Atlantique et en Ille-et-Vilaine, département voisin. Il a épluché les listes des candidats aux diplômes de mécanicien automobile des années 1990, sans succès. Finalement, c’est une recherche de parenté dans le fichier national des ADN qui redonne espoir au policier en lui trouvant 743 correspondances. Après avoir épluché minutieusement les profils, il cible un suspect : un homme d’une quarantaine d’années correspondant aux descriptions des victimes.

Le suspect a été arrêté en novembre 2018 à une cinquantaine de kilomètres de Nantes, à Châteaubriant. Il a reconnu les faits et il en a même avoués d’autres en garde à vue. Cet homme aurait commis une vingtaine d’agressions sexuelles et de viols au total depuis 2006. Certains faits sont donc prescrits et ne pourront pas être jugés. Pour le reste, le procureur devra décider quelles suites donner aux affaires.