Clowns agressifs : les mesures prises pour stopper tout ce cirque lors d'Halloween

Le phénomène, qui consiste à se déguiser pour effrayer voire attaquer les passants dans les rues, devrait atteindre son paroxysme, vendredi soir.

Deux personnes déguisées en clowns zombies participent à la \"Zombie Walk\" à Strasbourg (Bas-Rhin), le 13 septembre 2014.
Deux personnes déguisées en clowns zombies participent à la "Zombie Walk" à Strasbourg (Bas-Rhin), le 13 septembre 2014. (FREDERICK FLORIN / AFP)

La nuit d'Halloween, vendredi 31 octobre, s'annonce plus tendue que d'habitude cette année. Un déguisement en particulier sera scruté avec appréhension : celui de clown. Depuis près de trois semaines, la France fait face à une vague de "clowns agressifs", des personnes qui se déguisent en augustes malfaisants pour effrayer, voire agresser les passants, inspirées par une série de vidéos populaires sur internet.

La proximité d'Halloween n'est étrangère à ce phénomène, et les autorités craignent qu'il atteigne son paroxysme vendredi soir. Partout en France, certains s'organisent pour limiter ces blagues de mauvais gout.

L'appel au calme lancé par les autorités sur Internet

Le phénomène des faux clowns est né sur les réseaux sociaux. C'est aussi par ce biais que les forces de l'ordre ont lancé plusieurs messages appelant à l'apaisement et rappelant ce que risquent les mauvais plaisantins. "La détention d'une arme sur la voie publique est un délit passible d'une peine d'emprisonnement", a rappelé la police nationale le 24 octobre sur son site, expliquant qu'elle n'hésiterait pas à arrêter tout clown ou chasseur de clown armé.

"Nous prévenons gentiment ces petits plaisantins aux blagues douteuses qu'ils encourent des poursuites judiciaires qui risquent de ne pas leur paraître drôles du tout", avait averti de son côté la gendarmerie du Var sur Facebook, le 23 octobre, dans un message "liké" plus de 2 300 fois.

Pour freiner ce phénomène, d'autres s'adressent directement aux internautes. Le préfet de la Drôme en a appelé, mercredi, "à la responsabilité de chacun pour ne pas relayer ce phénomène sur les réseaux sociaux". Il souhaite que les parents "sensibilisent leurs enfants sur des tels agissements". Un commissaire de police, cité par Libération, en veut, lui, aux médias. Il les implore de ne "pas relancer la machine à rumeurs, donner des idées à d’autres petits malins, et nous obliger à poster des CRS partout sous la pression".

Un arrêté pris par un maire de l'Hérault

L'Hérault a été particulièrement touché par cette vague de clowns menaçants. C'est notamment là qu'un jeune déguisé et très alcoolisé a agressé un passant à l'aide d'une barre de fer, samedi. Il a été condamné, lundi, à douze mois de prison dont quatre avec sursis. Pour éviter ce type de débordements, le maire de Vendargues, près de Montpellier, a pris une mesure radicale : un arrêté municipal interdisant les costumes de clown aux plus de 12 ans. Il s'explique dans Le Parisien "Depuis le week-end dernier, une psychose s’est développée dans notre village. Les parents et les grands-parents ne voulaient plus participer au défilé, ni même y envoyer les enfants." Des policiers municipaux devront donc encadrer la fête.

Des costumes retirés des rayons

Dans les magasins de déguisements, les tenues de clown rencontrent un succès inhabituel, au point d'être parfois en rupture de stock. Loin de s'en réjouir, certains commerçants font preuve de prudence. L'un d'eux, à Arras (Pas-de-Calais), explique au Parisien qu'il a "demandé les cartes d’identité aux mineurs pendant quelque temps", tandis qu'une enseigne lilloise a décidé de ne pas se réapprovisionner. "Ces clowns-là ne nous font pas rire, on a choisi de ne pas les encourager", explique le gérant. C'est dans le Nord-Pas-de-Calais que le phénomène a débuté. A Toulon (Var), une boutique, où s'est rendue une équipe de France 3, a décidé de retirer les masques de clowns de ses rayons, pour ne pas se rendre complice de personnes "qui vont descendre la nuit pour aller soit traquer les gens, soit faire peur aux enfants, soit faire du mal". Mais cette décision a un coût car elle représente manque à gagner de 4 000 euros pour le commerçant.