Eure : ce que l'on sait de la découverte d'un arsenal et de propagande néonazie chez un militaire

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Les services douaniers ont retrouvé une cache d'armes et de la propagande néonazie dans une maison de Mesnil-en-Ouche (Eure), le 20 novembre 2021. (CAPTURE D'ÉCRAN)

Une centaine d'armes, des munitions et des "objets avec des croix gammées" ont été saisis dans un hangar normand, samedi. Une enquête est ouverte et la piste de l'ultradroite est privilégiée. 

Fusils d'assaut, munitions, grenades et propagande nazie. C'est une partie de l'arsenal qu'ont découvert les douaniers, après avoir arrêté deux hommes âgés de 25 ans qui ont refusé de se soumettre à un contrôle routier aux alentours de Mesnil-en-Ouche (Eure), samedi 20 novembre.

Les deux interpellés, dont un caporal du 35e régiment d'infanterie de Belfort, déjà sous surveillance, ont été placés en garde à vue dans le cadre d'une enquête de flagrance sur des infractions liées à la législation sur la détention d'armes, selon le parquet d'Evreux. La justice n'écarte pas la piste de l'ultradroite. Franceinfo revient sur ce que l'on sait de cette affaire.

Deux hommes, dont un militaire, interpellés avec "des armes" 

Dans la campagne normande, deux hommes âgés de 25 ans, l'un outilleur et l'autre caporal au 35e régiment d'infanterie de Belfort (Territoire-de-Belfort), ont été interpellés après avoir tenté d'échapper à un contrôle douanier, selon l'AFP et Le Monde. Les deux vingtenaires rentraient d'une "séance de tir en rase campagne, une activité interdite", précise le quotidien, qui a révélé l'affaire.

Les douaniers découvrent dans leur voiture "des armes" selon la procureure d'Evreux, Dominique Puechmaille. La détention légale de "trois fusils de chasse et d'un pistolet automatique", selon Le Monde, est confirmée après vérification. Mais les douaniers décident de poursuivre leurs investigations en se rendant au domicile de l'un des deux hommes, une maison individuelle située à Mesnil-en-Ouche (Eure), à une trentaine de kilomètres de là.

Un arsenal découvert lors d'une perquisition

C'est dans "une cache dans un hangar appartenant au grand-père de l'un des deux individus", a précisé la procureure, que "beaucoup de munitions et des objets avec des croix gammées" ont été découverts. La magistrate n'a pas précisé le nombre d'armes saisies. L'AFP et Le Monde évoquent cependant "130 armes, dont des fusils d'assaut AR-15 et AK-47, des pistolets-mitrailleurs, des armes de poing, des fusils à pompe à canon et crosse sciés, 200 kg de munitions diverses, des grenades, cinq cartouches de 20 mm pour mitrailleuses d'avion".

Le Monde souligne que "soixante-dix-sept de ces armes relèveraient de la catégorie C", donc soumises à déclaration et devant être conservées dans un coffre-fort ou une armoire forte. L'arsenal découvert comportait également des éléments de propagande liés à l'extrême droite dont "des écussons, des affiches et de la documentation néonazie typique", selon une source proche de l'enquête.

Surveillés par les services de renseignement

Cette découverte dans le hangar du grand-père n'est pas accidentelle. Les deux hommes étaient suivis, depuis plusieurs mois, par les services de renseignement pour leur appartenance à la mouvance d'extrême droite, selon une source policière, qui précise qu'aucun projet d'attentat n'a été découvert.

Du fait du statut de militaire de l'un des deux interpellés, la direction du renseignement et de la sécurité de la défense, chargée de la sécurité interne aux armées, surveillait les activités du caporal en activité au sein du 35e régiment d’infanterie de Belfort. Cette surveillance était réalisée en collaboration avec la direction générale de la sécurité intérieure, spécialisée en lutte antiterroriste.

L'unité militaire belfortaine était déjà dans le viseur des armées depuis la publication en mars d'une enquête sur "une filière néonazie au sein de l'armée française" menée par Mediapart (article réservé aux abonnés). Elle avait révélé la présence d'un militaire ouvertement nazi. Selon les informations de France Bleu Belfort-Montbéliard, il s'agit du même homme. Il avait été l'objet de "lourdes sanctions disciplinaires", dont des jours d'arrêt et une mise à l'écart de toute responsabilité d'encadrement.

Le dossier dans les mains de la justice

Les douanes, après avoir terminé leur phase de renseignement, ont transmis le dossier à la justice. Dans la continuité, le parquet d'Evreux (Eure) a saisi la police judiciaire de Rouen et la sous-direction de la lutte contre la criminalité organisée. "Il s'agit de déterminer l'envergure et l'environnement des deux hommes, explique une source policière au Monde. Et notamment de connaître leur rôle exact dans d'éventuelles filières d'approvisionnement de groupuscules liés à l'ultradroite ou leur appartenance à l'un de ces groupes. Dans l'état actuel des choses, rien ne permet d'affirmer que c'est le genre d'individus s'entraînant pour le grand soir." 

La sous-direction antiterroriste a également été mobilisée pour une mission d'évaluation au profit du parquet national antiterroriste (Pnat). Le Monde rappelle qu'une note de cette sous-direction, datée de mai, soulignait la présence importante de "membres de la fonction publique, notamment dans l'armée" dans la mouvance d'ultradroite, ainsi qu'"un intérêt marqué pour les armes que certains détiennent légalement, soit au titre de la pratique sportive, soit de la chasse".  

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