"C’est un viol qui se revit en continu" : le témoignage de Marie, victime présumée de l'ex-chirurgien accusé de pédophilie

La jeune femme aujourd'hui âgée de 33 ans aurait été violée à l'âge de 10 ans alors qu'elle était opérée dans une clinique de Vannes (Morbihan).

Le viol présumé aurait été commis dans une clinique à Vannes (Morbihan), il y a 23 ans. 
Le viol présumé aurait été commis dans une clinique à Vannes (Morbihan), il y a 23 ans.  (MAXPPP)

"C’est un viol qui se revit en continu", témoigne Marie sur France Bleu Armorique, une victime présumée d’un ancien chirurgien soupçonné de viols et agressions sexuelles sur mineurs. Une soixantaine de plaintes ont été déposées contre Joël Le Scouarnec, soupçonné d’avoir commis ces faits notamment lorsqu’il exerçait en Charente-Maritime, en Touraine, mais aussi en Bretagne.

Le nom de Marie apparaissait parmi 200 autres dans un carnet où le médecin détaillait des agissements sexuels. Cette Bretonne de 33 ans aurait été violée à 10 ans après une opération de l’appendicite à la clinique de Vannes (Morbihan). Quand les enquêteurs l’ont auditionné et ont lu les actes consignés dans ce carnet, "tout est remonté à la surface", explique la jeune fille qui a porté plainte.

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"Il décrit ce qu'il fait et ce qu'il aurait aimé faire mais qu'il ne pouvait pas faire à cause des circonstances du moment. C'est une perversion, ce n’est pas un viol qui s'arrête le jour de l'acte, c'est un viol qui se revit en continu", poursuit Marie, représentée par Me Francesca Satta, qui défend sept autres victimes présumées.

Cela fait plusieurs années que Marie essaye de comprendre d'où viennent ses difficultés dans ses relations intimes avec les hommes. "Des spécialistes avaient évoqué la possibilité d'une agression sexuelle dans mon enfance mais il faut croire que ma mémoire m'a protégée de tout cela", ajoute-t-elle. "Les images, les sensations, les souvenirs reviennent au fil des jours. Aujourd'hui je le vis comme si cela venait d'être commis", assure-t-elle.

"Un homme de la pire espèce"

Elle qualifie l'ancien chirurgien aujourd'hui à la retraite d'"homme de la pire espèce" et de "prédateur". "Je me demande comment il a pu exercer si longtemps, pourquoi personne ne l'a détecté. Si tous les faits sont avérés, il mérite d’être mis à l’écart, isolé pour qu'il ne touche plus personne", ajoute la trentenaire. "C’est un poids à porter (...) C'est très dur de se reconstruire et ça va prendre du temps", reconnaît Marie qui témoigne pour que d'autres victimes osent parler.Le procès doit avoir lieu en début d’année prochaine devant la Cour d’assises de Charente-Maritime et concerne quatre victimes mineures pour des faits commis entre 1989 et 2017. C'est après la découverte de ce carnet évoquant des agissements sexuels lors d'une perquisition en 2017 qu'une enquête préliminaire a été ouverte pour identifier de possibles autres victimes.