Des braqueurs qui s'attaquent à d'autres malfaiteurs : un phénomène en hausse en France

C'est ce qui ressort du rapport annuel de la police sur la criminalité organisée en France.

Un bandeau de la police nationale après un braquage, en mars 2016, à Paris.
Un bandeau de la police nationale après un braquage, en mars 2016, à Paris. (OLIVIER BOITET / MAXPPP)

C'est un phénomène nouveau et il prend de l'ampleur : en France, les braqueurs s'en prennent de plus en plus souvent à d'autres malfaiteurs. Alors que les vols à main armée ont été divisés par trois en huit ans, les braquages dans le milieu du grand banditisme, eux, se multiplient.

En 2010, plus de 250 établissements étaient victimes de vols à main armée. L'année dernière, ils étaient seulement 26. Mais il ne faudrait pas croire que les braqueurs se soient "rangés", selon le rapport annuel sur la criminalité organisée en France, publié par la police.

Les braquages de banque, de l'histoire ancienne

Les braqueurs s'attaquent désormais aux trafiquants de drogue, dont le chiffre d'affaire annuel dépasse les trois milliards d'euros. Les go-fast, ces véhicules remplis de cannabis ou de cocaïne, sont notamment devenus la cible de braqueurs très aguerris. Frédéric Doidy dirige l'office central de lutte contre le crime organisé : "Ce sont des malfaiteurs qui ont déjà un passé criminel lourd, et qui vont travailler un peu comme les services de police spécialisés. Ils vont faire des surveillances physiques sur le terrain, pour 'loger' leurs futures cibles, savoir où elles habitent et où elles entreposent leur came."

Ils vont même aller jusqu'à utiliser des moyens de géolocalisation, comme des balises, posées sur les véhicules, les voitures ou les motos.Frédéric Doidy, directeur de l'office de lutte contre le crime organiséà franceinfo

Difficile de connaître l'ampleur exacte du phénomène, puisque forcément, les trafiquants braqués ne vont jamais déposer plainte. Les enquêteurs cherchent donc à réaliser des flagrants délits, pour arrêter à la fois les braqueurs et leurs victimes, elles aussi impliquées dans le crime organisé.