Braqueur tué à Nice : un millier de manifestants en soutien au bijoutier

Entre 800 personnes (selon la police) et 1 000 personnes (selon les organisateurs) se sont rassemblés dans le centre-ville, lundi. 

Rassemblement à Nice (Alpes-Maritimes) en soutien au bijoutier mis en examen pour avoir tué un braqueur, le 16 septembre 2013. 
Rassemblement à Nice (Alpes-Maritimes) en soutien au bijoutier mis en examen pour avoir tué un braqueur, le 16 septembre 2013.  (ERIC GAILLARD / REUTERS)

"Non à la prison, oui à la légitime défense." C'est avec ce type de slogans que 800 personnes, selon la police, un millier selon les organisateurs, se sont rassemblées lundi 16 septembre à Nice. Objectif : soutenir Stephan Turk, le bijoutier mis en examen pour homicide volontaire pour avoir tué l'un des braqueurs de son magasin, mercredi 11 septembre.

Parmi la foule massée sur la place Masséna, en centre-ville, figurait Yann Turk, le fils du bijoutier, pressé de toutes parts par des gens venus lui dire combien ils avaient été "bouleversés" par cette affaire. Le maire (UMP) de Nice, Christian Estrosi, et le président du conseil général Eric Ciotti (UMP) ont également pris part au rassemblement. "Quand un Niçois est agressé, mon devoir est d'être à ses côtés", a expliqué le maire, déplorant qu'il y ait une "forte incitation du gouvernement à la violence et à la délinquance", en référence à la réforme pénale en préparation.

"Le quotidien du bijoutier est devenu invivable"

Non loin de là, le chef de Nissa Rebela (identitaires niçois, extrême droite), Philippe Vardon, a essayé de troubler le discours de l'édile, lui lançant des invectives. L'ancien maire Jacques Peyrat (ex-allié du FN) était également présent au milieu de la foule de commerçants, de clients venus les soutenir et d'autres manifestants.

"On ne s'identifie pas du tout à ces gens-là, qui ont profité de l'occasion pour faire de la politique, ce n'est pas notre but", réagit Jan Arin, l'un des organisateurs de ce rassemblement. Ce bijoutier niçois se dit cependant "touché" par le nombre de personnes qui ont répondu à l'appel des organisateurs. "Le quotidien du bijoutier est devenu invivable, ça, il faut le vivre pour le comprendre", témoigne-t-il encore, précisant avoir déjà fait l'objet de deux prises d'otages dans le cadre de son métier.

"Il savait qu'il prenait des risques, tant pis pour lui"

La mort d'Anthony, le jeune homme de 19 ans abattu d'une balle dans le dos lors de sa fuite après le vol, n'a en revanche pas ou très peu été évoquée lors de ce rassemblement.

"Il savait qu'il prenait des risques, tant pis pour lui", lance un manifestant, pour qui la thèse de la légitime défense défendue par le bijoutier, pourtant peu évidente à ce stade des investigations, ne fait aucun doute.