DIRECT. Procès Séréna : dans ses derniers mots, la mère de la fillette lui demande "pardon"

Rosa-Maria Da Cruz s'est exprimée après la plaidoirie de son avocate et le réquisitoire de l'avocat général. Ce dernier a requis huit ans de prison ferme, ainsi qu'un suivi socio-judiciaire de cinq ans avec injonction de soins et la déchéance de l'autorité parentale.

Rosa-Maria Da Cruz, la mère de la petite Séréna, arrive à la cour d\'assises de Corrèze, à Tulle, le 12 novembre 2018.
Rosa-Maria Da Cruz, la mère de la petite Séréna, arrive à la cour d'assises de Corrèze, à Tulle, le 12 novembre 2018. (GEORGES GOBET / AFP)
Ce qu'il faut savoir

"Je voudrais demander pardon à Séréna pour tout le mal que je lui ai fait. Je me rends compte que je lui en ai fait beaucoup et que je sais que je ne reverrai plus jamais ma petite fille." Rosa-Maria Da Cruz a prononcé ses derniers mots, vendredi 16 novembre, devant la cour d'assises de la Corrèze, qui s'est ensuite retirée pour délibérer. La mère de la petite Séréna, l'enfant dite "du coffre", cachée aux yeux de tous pendant ses deux premières années, est jugée depuis lundi. Le verdict est attendu dans la soirée. 

Huit ans de prison ferme requis contre Rosa-Maria Da Cruz. Cette peine a été requise par l'avocat général. Il a également requis un suivi socio-judiciaire de 5 ans avec injonction de soins et la déchéance de l'autorité parentale. Séréna, en famille d'accueil depuis cinq ans, souffre d'un "déficit fonctionnel à 80%" et d'un "syndrome autistique irréversible".

Les ressorts psychiques de l'accusée explorés. "Déni absolu de grossesse", "dénégation d'enfant" ou "incapacité parentale" ? La cour d'assises a exploré, jeudi, les ressorts psychiques, les clefs qui ont pu amener une "bonne" mère de trois enfants à cacher le quatrième aux yeux du monde, avec des soins a minima entraînant des handicaps irréversibles.

"Je n'arrive pas à me l'expliquer." Rosa-Maria Da Cruz a été confrontée mercredi à ses contradictions, entre le déni d'une grossesse d'une "chose" qu'elle invoque pour sa défense, et les soins objectifs qui ont maintenu un "enfant" en vie, même au prix de carences. "Je n'arrive pas à me l'expliquer à moi. Donc je ne peux pas vous l'expliquer...". A trois, quatre reprises, Rosa-Maria Da Cruz a fourni cette seule réponse à la cour d'assises.

Retrouvez ici l'intégralité de notre live #SERENA

23h32 : Voici les contenus qu'il ne fallait pas manquer sur notre site aujourd'hui :

Cet article de Yann Thompson sur les opérations organisées par les gilets jaunes demain.



(IDRISS BIGOU-GILLES / HANS LUCAS / AFP)
Ce portrait de George Soros, la bête noire de l'extrême-droite et les complotistes, par Elise Lambert.




(ERIC PIERMONT / AFP)
Cet article de Catherine Fournier sur Séréna, "l'invisible" protagoniste du procès de sa mère.





(MAXPPP)

17h54 : Rosa-Maria Da Cruz, la mère de Séréna, ne fera pas appel de sa condamnation à cinq ans de prison dont trois avec sursis, annonce son avocate aux journalistes sur place. "L'essentiel étant qu'elle pourra aménager cette peine et qu'elle fera relativement peu de détention". Elle juge en revanche "possible" que l'avocat général, lui, fasse appel.

17h39 : Dernière précision utile : la peine de Rosa-Maria Da Cruz n'est pas "aménageable" au sens dans lequel la justice emploie ce terme. Le président de la cour a bien parlé d'"aménagement de peine", mais la mère devra en réalité aller en détention puis solliciter une libération conditionnelle auprès du juge d'application des peines, qui pourra s'accompagner d'un bracelet électronique.

17h33 : La cour d'assises vient également d'ordonner le retrait total de l'autorité parentale de Rosa-Maria Da Cruz sur Séréna. Elle est condamnée à payer 19 000 euros au conseil départemental de Corrèze. La cour ordonne aussi une expertise médicale de l'enfant.

17h32 : Ce qu'elle a fait dépasse l'imaginable, mais je pense qu'il ne faut pas la condamner, mais qu'elle soit suivie afin d'être soignée. Moi je pense surtout à ses enfants. Ils ont besoin de leur mère. Si cette femme avait eu une structure à de laquelle s'adresser, tout cela aurait été évité. Elle n'est donc pas seule responsable.

17h30 : Décision écœurante vu l'étendue des dégâts sur la petite fille ! Elle va pouvoir bientôt reprendre sa vie tranquille...

17h29 : J'avoue que je trouve la peine très inadaptée. 5 ans dont 3 avec sursis ? Pour moi cela revient à dire que la vie de cette petite fille ne compte pour rien.

17h29 : Dans les commentaires, vous êtes nombreux à réagir avec émotion au verdict du procès de la mère de Séréna, essentiellement pour critiquer une peine que vous jugez trop faible.

17h29 : Rappelons que Séréna est née le 24 novembre 2011 à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), et que pendant deux ans, sa mère l'a cachée aux yeux du reste du monde, dans une pièce en sous-sol de sa maison et dans le coffre de sa voiture. C'est là qu'un garagiste avait fini par la découvrir, le 25 octobre 2013. Sa mère affirme avoir été victime d'un déni de grossesse. Placée dans une autre famille, Séréna souffre aujourd'hui d'un syndrome autistique irréversible. Voici notre récit de l'affaire.





17h18 : Rosa-Maria Da Cruz n'a pas réagi à l'énoncé du verdict, raconte notre journaliste sur place. Elle dispose de dix jours pour faire appel.

17h28 : "La cour a voulu prendre en compte votre parcours", a déclaré son président à la mère de Séréna, reconnaissant que "cette décision va peut-être devoir décevoir beaucoup de parties".

17h16 : Selon notre journaliste sur place à Tulle (Corrèze), le président de la cour d'assises a expliqué que la cour avait voulu sanctionner un trouble grave à l'ordre public, tout en envisageant un aménagement de peine rapide pour qu'elle puisse éduquer ses trois autres enfants. Rosa-Maria Da Cruz dormira en prison ce soir, mais pourrait en sortir rapidement.

17h06 : Rappelons que l'avocat général avait requis, ce matin, huit ans de prison ferme contre l'accusée.

17h04 : Rosa-Maria Da Cruz, dont la fille Séréna avait été retrouvée dans le coffre de sa voiture, est condamnée à cinq ans de prison dont trois avec sursis.

17h00 : Selon notre journaliste Catherine Fournier, le verdict est imminent au procès de Rosa-Maria Da Cruz, qui a caché sa fille Séréna pendant deux ans entre un sous-sol et le coffre de sa voiture. Elle avait fait le récit de l'affaire.

14h17 : Ce matin, l'avocat général avait requis huit ans de prison ferme contre Rosa-Maria Da Cruz. L'avocate de cette dernière demande aux jurés de l'acquitter, estimant qu'elle "ne présente pas de dangerosité aujourd'hui" et craignant qu'elle soit agressée en prison : "Lorsqu'il s'agit d'avoir touché à des enfants, (...) on va s'occuper de son cas" en prison, a-t-elle lancé. L'accusée a fait une dernière déclaration.

13h42 : L'avocate de Rosa-Maria Da Cruz a plaidé l'acquittement de la mère de Séréna. Elle estime que sa cliente a été victime de son déni de grossesse et du peu d'accompagnement médical et psychologique offert aux victimes de cette pathologie méconnue.

11h19 : On retourne à la cour d'assises de Tulle (Corrèze) où l'avocat général poursuit son réquisitoire dans le procès dit de "l'enfant du coffre". Notre journaliste Catherine Fournier est sur place.

10h27 : Un crochet parla cour d'assises de Tulle (Corrèze) où l'avocat général Olivier Kern vient de commencer son réquisitoire dans le procès dit de "l'enfant du coffre". Notre journaliste Catherine Fournier est sur place.