Infos de BFMTV sur l'attentat de la porte de Vincennes : d'ex-otages de l'Hyper Cacher portent plainte

Plusieurs familles ont porté plainte contre X pour "mise en danger de la vie d'autrui". Elles visent les informations dévoilées par plusieurs médias pendant la prise d'otages commise en janvier. 

L\'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 14 janvier 2015, à Paris. 
L'Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 14 janvier 2015, à Paris.  (MICHAEL BUNEL / NURPHOTO / AFP)

Six personnes qui s'étaient cachées dans le supermarché Hyper Cacher où Amedy Coulibaly a tué quatre clients le 9 janvier ont déposé une plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui", selon leur avocat Patrick Klugman, vendredi 3 avril. Dans cette plainte contre X déposée le 27 mars, et qui vise la diffusion d'une information sur BFMTV, les plaignants reprochent en particulier à la chaîne d'information continue d'avoir révélé, pendant la prise d'otages, que des clients étaient dissimulés dans la chambre froide du magasin de la porte de Vincennes.

Cela "aurait pu avoir de graves conséquences"

Un journaliste de BFMTV avait ainsi affirmé, en direct, lors des événements dans le magasin : "Il y a une personne, une femme, qui se serait cachée dès le début, dès l'arrivée de cet homme à l'intérieur du supermarché, qui s'est cachée dans une chambre froide, qui s'est réfugiée dans la chambre froide et qui y serait encore, qui serait à l'intérieur de la chambre froide, donc à l'arrière de l'établissement."

Selon un des plaignants, cité par Le Parisien, "la diffusion de cette information aurait pu avoir de graves conséquences". "En restant dans la chambre froide, on savait qu’on avait désobéi, explique cet ex-otage. Notre principal souci était de nous faire oublier, en ne faisant aucun bruit. Si Coulibaly avait découvert notre présence, il aurait pu y avoir des représailles."

Seize médias mis en demeure par le CSA

Mais BFMTV n'est pas la seule chaîne visée par les plaignants, même si l'avocat des anciens otages estime ne pas avoir suffisamment d'élements à disposition pour nourrir une plainte contre d'autres médias. "De nombreux autres médias manquaient aux règles les plus élémentaires de prudence (). Les méthodes de travail des médias en temps réel dans ce genre de situation sont des pousse-au-crime", a dénoncé Patrick Klugman auprès de l'AFP.

Les plaignants s'appuient notamment sur des communiqués du CSA, qui, le 11 février, avait adressé à seize médias audiovisuels vingt et une mises en demeure relatives à leur couverture des attentats de Paris.

BFMTV n'a pas commenté ce dépôt de plainte. Le 27 mars, invité du "Petit Journal" de Canal+, le directeur de la rédaction de la chaîne, Hervé Béroud, avait reconnu "une erreur".