VIDEO. Affaire Théo : les images de vidéosurveillance montrent l'interpellation du jeune homme

La vidéo doit permettre d'éclairer les circonstances dans lesquelles Théo a reçu un violent coup de matraque dans l'anus, provoquant notamment une perforation du colon. 

Théo Luhaka lors d\'un rassemblement contre les violences policières, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 28 octobre 2017. 
Théo Luhaka lors d'un rassemblement contre les violences policières, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), le 28 octobre 2017.  (JULIEN MATTIA / AFP)

Grande confusion, gestes furtifs, un jeune homme plaqué contre une rambarde et qui s'effondre au sol... Lundi 29 janvier, Europe 1 a publié des images de l'arrestation de Théo Luhaka, le jeune homme de 22 ans blessé lors de son interpellation le 2 février 2017, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), tournées par une caméra de videosurveillance. 

On y voit la police procéder à un contrôle d'identités sur un groupe d'hommes – une partie du contrôle se déroule hors du champ de la caméra – avant que la situation dégénère. Attrapé par deux policiers, mis à terre et gazé, le jeune homme perd sa veste, tandis que son pantalon s'abaisse dans la bagarre. Il reçoit plusieurs coups de matraque avant d'être immobilisé contre une rambarde et d'être à nouveau frappé. Il refuse de se laisser menotter, puis s'effondre.

Selon Europe 1, c'est à ce moment qu'un des policiers a enfoncé sa matraque dans l'anus du jeune homme, provoquant une déchirure de 10 cm et une perforation du colon. Une blessure qui pourrait le contraindre à porter une poche "à vie", a-t-il expliqué au Monde.fr, en juin.

Trois des quatre policiers ont été réintégrés

La vidéo pourrait permettre d'éclairer les circonstances de ce geste alors que Théo assure que le policier a volontairement introduit la matraque dans ses fesses. Une version qui contredit le rapport de l'IGPN, consulté par Europe 1, qui indique que "si le geste du gardien de la paix [est] à l’origine de la blessure, l’élément intentionnel pouvant caractériser le viol [n’est] pas établi".  

Trois des quatre policiers mis en cause dans l'affaire Théo ont été réintégrés au sein de la police, a appris franceinfo auprès de l'avocat de l'un d'eux dimanche. Il s'agit d'une mesure administrative, distincte de l'enquête en cours, a précisé Me Daniel Merchat. Les policiers restent placés sous contrôle judiciaire et le fonctionnaire mis en examen pour viol lors de l'interpellation violente du jeune homme le 2 février 2017 à Aulnay-sous-Bois demeure suspendu.

La famille de Théo estime que les policiers auraient dû être suspendus le temps de l'instruction. Une expertise médicale doit être conduite pour déterminer l'ampleur des blessures infligées à Théo.