Une prof suspendue après avoir demandé une minute de silence pour Merah

Luc Chatel avait demandé la suspension immédiate de cette enseignante d'anglais d'un lycée de Rouen. Une procédure disciplinaire a été entamée.

Une professeure d\'anglais du lycée Gustave-Flaubert à Rouen (Seine-Maritime) aurait demandé à ses élèves d\'observer une minute de silence à la mémoire du tueur de Toulouse, Mohamed Merah. 
Une professeure d'anglais du lycée Gustave-Flaubert à Rouen (Seine-Maritime) aurait demandé à ses élèves d'observer une minute de silence à la mémoire du tueur de Toulouse, Mohamed Merah.  (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

L'affaire Merah s'invite dans les salles de classe. Une enseignante d'un lycée de Rouen (Seine-Maritime) qui avait voulu observer une minute de silence pour le tueur de Toulouse, Mohamed Merah, a été suspendue à titre conservatoire vendredi 23 mars. Elle garde toutefois son salaire.

"Il a été décidé la suspension immédiate avec interdiction de pénétrer dans le lycée (...). C'est une suspension conservatoire qui ne juge pas sur le fond", a déclaré au cours d'un point-presse à Rouen Florence Robine, la rectrice d'académie. "La procédure disciplinaire est entamée. [L'enseignante] aura le temps de préparer ses arguments", a-t-elle ajouté.

Le conseil disciplinaire a quatre mois pour se réunir. L'enseignante risque "de la simple admonestation à la révocation", selon Catherine Gourbier, la secrétaire nationale du Syndicat national des enseignants du secondaire (Snes), responsable du secteur action juridique, contactée par FTVi. 

Des élèves interloqués

Selon Paris Normandie, cette professeure d'anglais de 56 ans a décrit Mohamed Merah comme "victime d'une enfance malheureuse". Elle aurait déclaré à sa classe de terminale scientifique que le lien avec l'organisation Al-Qaïda aurait été "inventé par les médias et Sarko", raconte le quotidien régional. Les élèves, choqués, ont immédiatement rédigé un courrier au chef d'établissement, qui a prévenu le rectorat de Rouen.

L'enseignante "m'est apparue comme assez perturbée et fragile. C'est une personne qui découvre petit à petit la gravité de ce qui s'est passé", a commenté Florence Robine.

La professeure a dit "qu'elle n'allait pas bien et qu'elle allait peut-être prendre des congés""Il s'agit d'une collègue qui a des soucis de santé, qui est fragile et qui fait l'objet d'un suivi psychologique", a expliqué le secrétaire SGEN-CFDT de Haute-Normandie, Pascal Bossuyt. Lui a souligné que "ce n'est pas du tout un acte politique d'une extrémiste".

Une demande du ministre de l'Education

La décision du rectorat de Rouen est conforme à la volonté du ministre de l'Education nationale. Luc Chatel avait demandé vendredi, un peu plus tôt dans l'après-midi, de "suspendre immédiatement" la professeure.

Interviewé sur BFMTV après avoir appris la décision du rectorat, Luc Chatel a déclaré que "le recteur a notifié à cette enseignante sa suspension dans l'attente de la réunion de la commission de discipline"

Interrogé pour savoir si toute motivation politique était écartée, le ministre a répondu que "l'enquête disciplinaire le dira. Mon rôle, c'était de prendre immédiatement une sanction, de suspendre cette enseignante. (…) Moi je ne m'interroge pas, je m'indigne et je sanctionne. Ensuite nous verrons ce qui a amené cette enseignante à aboutir à un tel acte. D'après ce qu'elle a dit au recteur d'académie, elle n'a pas revendiqué une action politique."