Le président israélien et les imams de France unis dans un "message positif"

Le chef de l'Etat hébreux a rencontré les responsables musulmans à la veille de la commémoration des assassinats perpétrés il y a un an par Mohammed Merah.

L\'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi et le président israélien, Shimon Peres, le 10 mars 2013 à Paris. 
L'imam de Drancy, Hassen Chalghoumi et le président israélien, Shimon Peres, le 10 mars 2013 à Paris.  (MIGUEL MEDINA / AFP)

Communautés juives et musulmanes transmettent un message de paix et de tolérance à la veille de la commémoration des assassinats perpétrés il y a un an par Mohammed Merah. Le président israélien Shimon Peres a rencontré dimanche 10 mars à Paris une vingtaine d'imams de France et de responsables de communautés musulmanes de la région parisienne. 

Le "tueur au scooter", avait, entre le 11 et le 19 mars 2012, abattu froidement trois militaires de confession musulmane, puis un professeur et trois enfants devant une école juive à Toulouse, en filmant ses actes, avant d'être tué le 22 mars par un commando des forces de l'ordre. 

"Construire un message positif"

"Toulouse, c'était certainement un tournant, parce que celui qui a voulu tuer a montré le visage le plus hideux du crime", a souligné le président israélien. Prix Nobel de la Paix en 1994, il a appelé face à ces violences "à construire un message positif de courage et ne pas avoir peur" de s'engager pour le défendre. "Parce que les terroristes, et je vais vous révéler un secret, ne sont jamais aussi forts que nous le pensons et jamais aussi importants qu'ils le disent", a-t-il précisé dans un sourire

L'imam Hassen Chalghoumi de la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis), a quant à lui évoqué la "période difficile à la veille du 11 mars et les terribles crimes" commis par Mohamed Merah qui a "assassiné des musulmans avant de tuer des juifs", a-t-il rappelé. "Notre combat de tous les jours est dirigé contre l'intégrisme et la violence" a-t-il assuré à Shimon Peres.

Ne pas "importer" de conflit, mais "exporter" la paix

Plusieurs membres de ce groupe de responsables musulmans s'étaient par ailleurs rendus en Israël et dans les territoires palestiniens l'an dernier, après la tuerie, dans une même démarche d'apaisement. 

 

"Nous on n'a pas importé le conflit [entre musulmans et juifs en France], s'est défendu l'imam de Drancy, connu pour son combat contre l'intégrisme. Il faut au contraire exporter la paix, c'est l'un de nos objectifs les plus importants", a-t-il dit, tandis que chef d'Etat israélien a salué "le courage" de ces responsables musulmans de France qui osent dénoncer les crimes autant contre leur propre communauté que contre la communauté juive.