Sofitel : l'hypothèse d'un complot contre DSK relancée aux Etats-Unis

Dans un article à paraître dans la "New York Review of Books", un journaliste d'investigation relève de nouvelles zones d'ombre dans l'affaire du Sofitel.

Le 5 novembre 2011, un article de la revue américaine New York Review of Books soulève de nouvelles questions dans l\'affaire DSK du 14 mai, au Sofitel de New York. 
Le 5 novembre 2011, un article de la revue américaine New York Review of Books soulève de nouvelles questions dans l'affaire DSK du 14 mai, au Sofitel de New York.  (AARON SHOWALTER / SIPA)

L'affaire du Sofitel et ses mystères reviennent sur le devant de la scène, vendredi 25 novembre. Dans un article à paraître ce week-end dans le magazine américain New York Review of Books, le journaliste d'investigation Edward Epstein rappelle certaines zones d'ombre et pose de nouvelles questions sur les événements qui ont eu lieu le 14 mai, dans la suite 2806 de l'hôtel Sofitel de New York.

FTVi fait le point sur les révélations, relatées dans Le Monde et Rue89 qui ont eu accès à l'article en question. 

• Le BlackBerry de DSK hacké

Dans la matinée du 14 mai, une amie de Dominique Strauss-Kahn, qui travaille de façon temporaire au siège de l'UMP, lui envoie un message pour le prévenir "qu'au moins un de ces e-mails privés récemment envoyés depuis son BlackBerry à son épouse, Anne Sinclair, avait été lu dans les bureaux de l'UMP à Paris". 

Inquiet, DSK téléphone alors à sa femme avec ce même téléphone pour lui dire "qu'il a un gros problème". Il lui demande de contacter son ami Stéphane Fouks, patron de l'agence Euro RSCG qui gère sa communication, afin qu'il puisse rapidement "faire examiner le BlackBerry et l'iPad par un expert", une fois son retour à Paris.

• Des bagages visibles dans la suite 2806

Quand Nafissatou Diallo, qui travaille depuis trois ans comme femme de chambre au Sofitel, entre dans la suite occupée par Dominique Strauss-Kahn, les bagages du patron du FMI sont "visibles" dans l'entrée. C'est ce qu'il a déclaré aux enquêteurs, rappelle Le Monde

Le journaliste de la New York Review of Books s'en étonne dans son article : "En temps normal, le personnel n'entre pas dans une chambre pour la nettoyer tant que le client s'y trouve".

• Le comportement étrange d'employés de la sécurité

Selon l'article, Brian Yearwood, ingénieur en chef du Sofitel, et un homme dont l'identité n'est pas connue (mais qui a accompagné Nafissatou Diallo à la sécurité de l'hôtel) s'isolent à 13h33. Ils se congratulent dans "ce qui ressemble à une extraordinaire danse de fête qui dure trois minutes", raconte le journaliste qui a visionné les images des caméras de vidéosurveillance. 

Il s'étonne que les hommes aient mis plus d'une heure à alerter la police de New York. Il note qu'ils l'ont fait juste après un appel téléphonique de leur supérieur John Sheehan. 

Dans son article, le journaliste rappelle que le plus haut supérieur hiérarchique de John Sheedan est René-Georges Querry, ancien patron de la brigade antigang. Il "a travaillé dans la police avec Ange Mancini, le coordinateur national du renseignement du président Sarkozy".

Le mystère de la chambre 2820

Autre zone d'ombre soulevée par le journaliste : les allées et venues de Nafissatou Diallo dans une chambre, située au même étage que la suite de DSK. La femme de chambre y est entrée avant d'aller dans celle de l'ancien patron du FMI puis après. Sa carte magnétique l'indique, rapporte Rue89. 

Le groupe Accor a refusé de dire au journaliste américain quelle personne séjournait dans cette chambre 2820. 

• Le BlackBerry disparaît

Dans le taxi qui le mène à l'aéroport, DSK se rend compte qu'il a oublié son BlackBerry. Il tente de le joindre puis appelle le Sofitel pour l'avertir de cet oubli. Un employé le rappelle pour l'informer que le téléphone a été retrouvé et que quelqu'un va lui apporter. 

Selon l'article de la New York Review of Books, ce BlackBerry n'a jamais été retrouvé. Plus intrigant : une demi-heure avant la rencontre entre DSK et Diallo dans la suite 2806, le téléphone a été déconnecté et privé de son système de géolocalisation. C'est ce que révèle le journaliste, d'après les données recueillies par BlackBerry. 

Selon des experts interrogés par le journaliste, il faut des compétences techniques très précises pour désactiver un téléphone de la sorte.  

L'UMP dément toute implication

Contactée par la rédaction des Inrocks, la direction de l'UMP "dément formellement l'article et les allégations".

L'entourage de Jean-François Copé précise aussi que le parti "a chargé ses avocats de voir s'il y avait des suites judiciaires à donner, notamment pour diffusion de fausses nouvelles".

• Les avocats de DSK évoquent un complot

Dans un communiqué, William Taylor, un des avocats américains de Dominique Strauss-Kahn, a fait savoir qu'il n'excluait pas que son client ait été victime d'une "entreprise délibérée visant à le détruire politiquement".

L'avocat appelle aussi les responsables du Sofitel et du groupe hôtelier français Accor à "apporter des explications complètes" aux questions soulevées par l'article de la New York Review of Books

Le feuilleton du Sofitel n'est pas prêt d'être fini.