"Si DSK avait été pauvre, il serait aujourd'hui en prison" : Nafissatou Diallo se confie à "Paris Match", neuf ans après l'affaire du Sofitel

Nafissatou Diallo revient sur l'agression sexuelle dont elle dit avoir été victime et dit avoir "été privée de justice".

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Radio France
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Nafissatou Diallo le 10 décembre 2012 à New York. (SETH WENIG / POOL / AFP)

Nafissatou Diallo, qui affirme avoir été victime d'agression sexuelle de la part de Dominique Strauss-Kahn, se confie dans Paris Match jeudi 10 septembre. L'ancienne femme de chambre du Sofitel de New York raconte sa version, neuf ans après les faits qui ont bouleversé la vie politique française. Une version qu'elle compte relater dans un livre.

Alors que les poursuites contre DSK, alors patron du Fonds monétaire international, ont été abandonnées au pénal, et qu'un accord financier a été conclu au civil, Nafissatou Diallo dit avoir "été privée de justice". "J’ai dit la vérité", assure-t-elle. "J’ai été piégée et trahie. Je ne me remettrai jamais de la façon dont les procureurs de New York m’ont traitée."

À cause de ce qu’ils m’ont fait subir, j’ai eu envie de me suicider.

Nafissatou Diallo

à franceinfo

"J’ai reçu des menaces de mort", poursuit l'ancienne femme de chambre qui ne veut pas révéler ce qu'elle fait aujourd'hui par peur d'être importunée. Après le règlement au civil, dont elle ne divulgue pas le montant, "j’ai été submergée de lettres, d’inconnus le plus souvent, qui me parlaient comme si j’avais touché le jackpot et me demandaient de l’argent. Certains m’accusaient d’avoir piégé DSK, de l’avoir fait chanter. Il y a eu tout un tas de théories du complot… J’ai dû quitter mon appartement, emménager dans un immeuble sécurisé en dehors de New York."

Dans cet entretien à Paris Match, Nafissatou Diallo maintient avoir été agressée sexuellement par Dominique Strauss-Kahn : "Je venais de nettoyer une chambre voisine, la 2820", raconte-t-elle. "Dans le couloir, je demande au collègue qui sort de la 2806 si elle est libre. 'Oui', me dit-il. Conformément au règlement, je crie trois fois 'Housekeeping' ["ménage"]. Personne ne répond. Donc j’entre en laissant la porte entrouverte. La suite 2806 est très grande. Je ne vois aucun bagage. Dans le salon, je répète : 'Housekeeping !' Je m’apprête à entrer dans la chambre, sur la gauche, quand je vois apparaître cet homme nu. Alors, je m’écrie : 'Oh mon Dieu! Je suis désolée.' Puis tout est arrivé… Et quand cela a été fini, je me suis enfuie en crachant partout."

Discréditée par la justice

Nafissatou Diallo estime avoir été discréditée par les procureurs new-yorkais parce que DSK "avait de l’argent et du pouvoir". "Je vous assure que s’il avait été pauvre, à la rue, un clochard, il serait aujourd’hui en prison", affirme-t-elle.

Aujourd'hui, Nafissatou Diallo dit vouloir "créer une fondation pour aider les femmes qui, comme moi, sont arrivées en Amérique sans éducation, sans même parler la langue, et qui ont vécu des situations horribles."

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