Le député PS François Loncle a évoqué dimanche l'hypothèse de "connexions" entre le Sofitel et des "officines" à Paris

"Tout n'est pas clair dans le comportement des dirigeants du Sofitel et du groupe Accor et il peut y avoir eu des connexions" avec "certaines officines françaises", a-t-il dit sur France Info.De son côté, Michèle Sabban, vice-présidente PS du Conseil régional d'Ile-de-France, a affirmé que l'affaire DSK constituait "un attentat politique".

François Loncle, président du groupe PS à l\'Assemblée nationale et proche de Strauss-Kahn
François Loncle, président du groupe PS à l'Assemblée nationale et proche de Strauss-Kahn (AFP - François GUILLOT)

"Tout n'est pas clair dans le comportement des dirigeants du Sofitel et du groupe Accor et il peut y avoir eu des connexions" avec "certaines officines françaises", a-t-il dit sur France Info.

De son côté, Michèle Sabban, vice-présidente PS du Conseil régional d'Ile-de-France, a affirmé que l'affaire DSK constituait "un attentat politique".

Parlant à nouveau de "manipulation", elle a jugé qu'il fallait "regarder l'attitude de la direction du Sofitel parce qu'il y a quand même quelque chose qui ne va pas" avec notamment le directeur de l'hôtel qui "a pris le temps aussi pour appeler Paris".

"Le Sofitel , le commissaire de police de New York qui a été décoré, je crois, de la Légion d'honneur par Nicolas Sarkozy il y a peu de temps. Comment un commissaire de quartier ne prévient pas ses hautes autorités qu'une personnalité internationale est apparemment accusée d'un fait grave ? Comment expliquez-vous que deux jours avant l'audience surprise de DSK, l'inspectrice spécialisée dans les crimes sexuels a démissionné ? Comment vous expliquez tout ça ? Il y a beaucoup de choses qui restent sans réponse", a lâché Mme Sabban.

Une allusion à Ray Kelly, responsable de la police new-yorkaise (NYPD), qui a été décoré en septembre 2006 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, de la Légion d'honneur, selon sa biographie figurant sur le site du NYPD (New York Police Department).

"Aujourd'hui, M. Strauss-Kahn n'a plus rien, il n'est plus directeur général du FMI puisqu'on l'a contraint à démissionner, il n'est plus rien", a poursuivi Mme Sabban. "Donc le FMI a réglé le problème de sa directrice générale (avec la désignation cette semaine de Christine Lagarde) mais la coïncidence laisse à penser que cela arrive à un moment qui arrange un peu tout le monde (...) Ca surprend quand même".

François Loncle pense qu'il s'est passé quelque chose entre Paris et New York
Dimanche, sur France Info, le député PS de l'Eure François Loncle, lui aussi strauss-kahnien, a évoqué l'hypothèse de "connexions" entre le groupe Accor - propriétaire français de l'hôtel Sofitel de New York, théâtre de ce qui est devenu l'affaire DSK- et "certaines officines françaises".

"Je n'accuse absolument personne. Je ne pense pas que ce soit à un haut niveau de responsabilités politiques" qu'il puisse y avoir des connexions, "je pense qu'il y a quelque chose qui s'est passé entre Paris et New York", a poursuivi M. Loncle.

L'élu de l'Eure aimerait avoir des réponses précises aux questions suivantes: "A qui les gens de l'hôtel Sofitel ont-ils téléphoné à Paris ? Au patron des Renseignements généraux (DCRI) ? Qu'est-ce qu'ils ont dit ? A quelle heure ont-ils téléphoné cette fameuse nuit du 14 mai ?"

"La question du timing est importante. Il n'est pas anodin de savoir quand le groupe Accor a été prévenu, de même que quand (le ministre de l'Intérieur) Claude Guéant a été prévenu...", fait-il valoir.

Pierre Moscovici, lui aussi proche de DSK, a estimé a estimé qu'une fois reconnue l'innocence de ce dernier, il faudrait poser "un certain nombre de questions", sur "le rôle de la chaîne Accor" ou "de la direction de l'hôtel" Sofitel. Réfutant l'hypothèse d'un "complot", il a toutefois jugé que l'ex-patron du FMI avait été victime d'un "piège".

On rappelait également au PS les premiers tweets émis sur l'affaire, particulièrement rapidement, par un militant UMP.

L'Elysée a été prévenu par Accor
Selon des sources proches du dossier, l'Elysée a été prévenu de l'arrestation de Dominique Strauss-Kahn à New York, dans la nuit du 14 au 15 mai, vers minuit, par le groupe Accor, propriétaire du Sofitel de Manhattan qui fut le théâtre de l'affaire DSK.

La direction du Sofitel de New York a prévenu vers 23H45 heure de Paris (21H45 GMT) le groupe Accor, qui a ensuite alerté Ange Mancini, coordonnateur national du renseignement à la présidence de la République, selon une de ces sources proches du dossier.

Selon une autre source proche du dossier, la cellule de crise d'Accor a été prévenue par la direction du Sofitel de New York après que DSK a été arrêté par la police new-yorkaise et le groupe a alerté l'Elysée aux alentours de minuit (heure de Paris).

Accor nie toute intervention
Le groupe hôtelier français Accor a nié "formellement" dimanche toute intervention de ses dirigeants dans l'affaire Dominique Strauss-Kahn à New York.

"Les dirigeants du groupe Accor démentent formellement les allégations proférées à leur encontre, laissant entendre qu'ils seraient intervenus d'une quelconque manière dans le déroulement et le traitement de cette affaire", a précisé le groupe dans un communiqué.

"Ces informations sont sans fondement et pourraient être considérées comme diffamatoires", a-t-il poursuivi.

Lire aussi: