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DSK a été blanchi mais pas innocenté, soulignent les éditorialistes de la presse française

Certains estiment difficile, voire impossible, le retour en politique de celui qui était encore, il y a quelques mois, le favori des sondages.Un point de vue partagé par le Guardian britannique pour qui la "carrière politique" de Dominique Strauss-Kahn est finie.
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Dominique Strauss-Kahn arrive à la Cour de Manhattan, à New York, le 6 juin 2011. (AFP - Don Emmert)

Certains estiment difficile, voire impossible, le retour en politique de celui qui était encore, il y a quelques mois, le favori des sondages.

Un point de vue partagé par le Guardian britannique pour qui la "carrière politique" de Dominique Strauss-Kahn est finie.


"Sa carrière politique est finie. Elle ne devrait pas être ressuscitée. Il ne peut plus forcer le respect nécessaire à un ministre de haut rang, encore moins un chef d'Etat. Un Berlusconi suffit"
, écrit le quotidien en référence au chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, 74 ans, touché par de nombreux scandales sexuels. "Une réhabilitation de M. Strauss-Kahn déshonorerait la gauche française. Le Parti socialiste a déjà assez de problèmes sans se laisser humilier d'une manière aussi choquante", poursuit l'éditorial du Guardian, lui-même classé à gauche. Les autres journaux d'Albion ne traitent l'affaire qu'en factuel.

Le point de vue des éditorialistes français
"Loin d'être blanchi, DSK va devoir désormais subir, comme une autre peine, le regard suspicieux de l'opinion publique. Évoquer son retour sur la scène politique française paraît donc hors sujet", estime Yves Thréard dans Le Figaro.

"Le retour de DSK parasitera, par la force des choses, le discours du PS", insiste Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne. Un retour qualifié de "patate chaude" par son confrère François Martin, du Midi Libre.

Pour l'éditorialiste du Monde, qui évoque "une leçon impitoyable" infligée à l'ancien patron du FMI, "l'emballement médiatique a incontestablement joué un rôle majeur dans la chute de DSK (... mais) il est surtout victime de sa propre imprudence".

Sylvain Bourmeau, dans Libération, souligne que cette affaire a permis de faire éclore plusieurs "registres de vérités": celle des policiers et magistrats new-yorkais, des romanciers ou scénaristes, mais aussi dans la "pratique journalistique": "Ainsi cet événement nous aura permis d'éclairer d'une lumière plus crue la réalité jusque-là largement occultée de l'asymétrie des relations de pouvoir sexuées et parfois sexuelles dans l'univers politique".

Dominique Quinio, dans La Croix, fait un catalogue des victimes: "Beaucoup de perdants, trop de perdants, dans ce qu'il convient d'appeler l'affaire Strauss-Kahn. Perdante, aussi, l'image de la justice". "D'autres épisodes sont à prévoir", conclut le quotidien catholique. "Et si on essayait la sobriété et la décence?", propose-t-il.

"Rien ne pourra effacer l'image de DSK menotté, pas rasé, le visage défait, accusé d'un crime sexuel sordide" écrit Dominique Garraud dans La Charente Libre. "Blanchi judiciairement, il sort de cette épreuve politiquement carbonisé", ajoute-t-il.

Quant à Olivier Picard, dans Les Dernières nouvelles d'Alsace, il dénonce "l'indécence" et "l'abus de langage" de ceux qui affirment qu'il a été "blanchi" alors que les poursuites n'ont été abandonnées que faute de preuve. "Mais oui, il est profondément choquant de les entendre s'exprimer comme si le feuilleton de New York ne se résumait qu'à une odieuse machination et à un lynchage médiatique. L'indécence, c'est de vouloir laver plus blanc que blanc", assène le journaliste, soutenu en cette opinion par Patrick Fluckiger, de L'Alsace.

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