Carlton : DSK s'indigne que l'on fasse le procès de sa sexualité

L'ex-directeur du Fonds monétaire international a haussé le ton, mercredi, au deuxième jour de son audition devant le tribunal correctionnel de Lille. 

Dominique Strauss-Kahn devant le tribunal correctionnel de Lille (Nord), pour le procès de l\'affaire dite du Carlton, le 11 février 2015. 
Dominique Strauss-Kahn devant le tribunal correctionnel de Lille (Nord), pour le procès de l'affaire dite du Carlton, le 11 février 2015.  (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCETV INFO)

Le président Bernard Lemaire s'était engagé à ce que le tribunal ne soit "pas le gardien de l’ordre moral" dans le procès de l'affaire du Carlton. De l'avis de Dominique Strauss-Kahn, il n'a pas tenu ses promesses. L'ex-patron du Fonds monétaire international a haussé le ton, mercredi 11 février, au deuxième jour de son audition, s'indignant que la rudesse de ses pratiques sexuelles puisse être considérée comme une preuve à charge.

Une question domine les débats depuis le début de son audition devant le tribunal correctionnel de Lille : sa "brutalité" dans les relations sexuelles, relatée par plusieurs participantes à des soirées à Paris, en Belgique et à Washington, ne s'explique-t-elle que parce que ces femmes étaient des prostituées et qu'il le savait ? Comme les treize autres prévenus, DSK est renvoyé devant la justice pour proxénétisme aggravé. Il encourt jusqu'à dix ans de prison et 1,5 million d'euros d'amende.

"Je commence à en avoir assez"

Réponse de l'intéressé : "Je dois avoir une sexualité qui, par rapport à la moyenne des hommes, est plus rude." "Que certaines femmes ne l'apprécient pas, c'est leur droit, qu'elles soient prostituées ou pas", ajoute-t-il. Comme le rapporte la journaliste de francetv info sur place, DSK s'agace de voir les débats se concentrer sur son "comportement sexuel"

"Je commence à en avoir un peu assez", poursuit l'ancien directeur du FMI en se tournant, avec un regard glacial, vers David Lepidi, avocat de parties civiles dans ce procès. Tout cela est "absurde", tonne-t-il. "Sauf à vouloir me faire comparaître devant les juges pour pratiques dévoyées, ce qui n'existe plus", fait remarquer DSK, dans une allusion à la sodomie.

L'ancien élu PS a bien conscience de l'effet qu'a pu produire le témoignage de Jade, ancienne prostituée qui s'est portée partie civile. Celle-ci fond en larmes lorsqu'on lui demande d'expliquer ce qu'il s'est passé dans une chambre d'hôtel bruxelloise, après une soirée dans un club échangiste belge en automne 2009.

"M. Strauss-Kahn n'est pas accusé de cela"

Respectant les "souvenirs" de Jade concernant cette relation sexuelle, DSK nie avoir jamais su qu'il s'agissait d'une prostituée, ne faisant pas varier sa version d'un iota. "La pratique sexuelle peut ne pas plaire à Jade, elle peut appeler ça de l'abattage, mais cela ne veut pas dire que ce sont des prostituées", martèle-t-il, dénonçant "la logique fausse continuelle" de l'accusation dans le dossier, qui suppose que, "vu les pratiques sexuelles du monsieur, il faut des prostituées"

Lorsque l'un des avocats des parties civiles reprend le terme d'"agression" pour qualifier les rapports de DSK avec certaines jeunes femmes, l'un des avocats de DSK, Henri Leclerc, bondit de son banc et lui réplique sévèrement : "M. Strauss-Kahn n'est pas accusé de cela."