Affaire Grégory : "Dans la mesure où les hommes ne parlent pas, laissons parler la science", affirme l’avocate des parents de l’enfant

Les avocats de Christine et Jean-Marie Villemin ont réclamé, ce mercredi, à la justice de nouvelles expertises ADN, dans l'espoir de pouvoir établir un portrait-robot.

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Marie-Christine Chastant-Morand, avocate de Christine et et Jean-Marie Villemin, en 2017. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

36 ans après la découverte du corps du petit Grégory, ses parents, Christine et Jean-Marie Villemin, "ne baissent absolument pas les bras" assure Marie-Christine Chastant-Morand, l'une de leurs avocats, jeudi 17 décembre sur franceinfo. Les avocats des Villemin ont réclamé ce mercredi à la justice de nouvelles expertises ADN, pouvant peut-être permettre l’établissement d’un portrait-robot, quelques semaines après l'audition de plusieurs témoins. "Dans la mesure où les hommes ne parlent pas, laissons parler la science", a déclaré Me Chastant-Morand.

Toujours concernant l’enquête, de nouvelles auditions ont eu lieu ces dernières semaines, et d'autres vont avoir lieu, précise l'avocate. Les parents du petit Grégory ont eux été entendus en septembre par le nouveau juge d’instruction chargé de l’affaire, Dominique Brault, selon nos informations.

franceinfo : Dans quel état d’esprit sont les parents de Grégory aujourd’hui ?

Marie-Christine Chastant-Morand : Christine et Jean-Marie Villemin sont extrêmement sereins, ont confiance dans la justice et souhaitent vraiment qu’on aille jusqu’au bout. Ils sont très attentifs à ce qui se passe, que ça soit en France, que ça soit à l’étranger, sur toutes les nouvelles méthodes d’aide à l’enquête qui sont arrivées sur le terrain. C’est la raison pour laquelle ils ont eu connaissance de nouvelles méthodes, et que nous avons demandé à la chambre de l’instruction que ces nouvelles méthodes puissent être utilisées dans le cadre de leur affaire. Ce sont des méthodes scientifiques, qui tiennent à l’ADN, des méthodes dites de parentèle, qui permettent d’avoir un spectre beaucoup plus large de comparaisons. C'est la méthode du portrait-robot qu’on peut essayer de mettre en évidence à partir de l’ADN, des éléments nouveaux qui peuvent vraiment apporter une aide scientifique au dossier.

Vous pensez que c’est la science qui pourra faire avancer ce dossier ?

Dans la mesure où les hommes ne parlent pas, laissons parler la science. Christine et Jean-Marie demandent à tous ceux qui peuvent savoir quelque chose sur l’assassinat de leur enfant, un détail, un renseignement, de le dire. Ils peuvent se présenter à la chambre de l’instruction de Dijon, ils seront entendus. Il y a des possibilités pour que l’identité soit préservée. Mais ceux qui savent, de grâce, qu’ils parlent ! Christine et Jean-Marie Villemin le méritent. Donc ils espèrent que les gens vont parler, mais ils espèrent également beaucoup dans la science, que ça soit au niveau de l’ADN, de la stylométrie.

Comptez-vous aussi sur toutes ces auditions qui ont repris ?

Ils croient dans la nécessite de toutes les auditions qui, je le pense, vont avoir lieu dans les meilleurs délais. D’abord, certains qui ont tu des choses peuvent parler. Egalement, il y a ceux qui étaient des enfants à l’époque, qui étaient jeunes. Ce sont maintenant des adultes. Je suis persuadée qu’il y a des enfants [de l’époque] qui savent ce qui s’est passé et qui peuvent apporter leur témoignage à la justice.

Les parents croient-ils toujours que la vérité éclatera un jour ?

Ils ne baissent absolument pas les bras. Je crois que jusqu’à leur dernier souffle, ils seront animés par ce désir de vouloir faire la vérité parce qu’ils estiment qu’ils le doivent à Grégory. Ils ont acquis au fil du temps une grande sagesse, ils sont sereins, ils ont la chance d’avoir ce sentiment de croire à la justice et de penser que la justice fera ce qu’elle peut pour mettre tous les moyens qui sont aujourd’hui possibles pour élucider, pour mettre des noms, pour qu’enfin la vérité soit connue.

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