Affaire Adama Traoré : la famille a transmis aux juges une contre-expertise médicale qui met en cause les gendarmes

Ce rapport, commandé par la famille, met en cause les gendarmes, contrairement à l'expertise judiciaire qui les exonère de toute responsabilité dans le décès du jeune homme.

Les proches d\'Adama Traoré manifestent le 2 février 2019, à Paris.
Les proches d'Adama Traoré manifestent le 2 février 2019, à Paris. (ZAKARIA ABDELKAFI / AFP)

La famille d'Adama Traoré a transmis lundi 11 mars aux juges une contre-expertise médicale sur le décès du jeune homme, a appris franceinfo mardi de source proche du dossier. Les juges d’instruction avaient terminé leurs investigations sans prononcer de mise en examen des gendarmes. Ce rapport commandé par la famille met en cause les gendarmes, contrairement à l’expertise judiciaire qui les exonère de toute responsabilité dans le décès du jeune homme, le 19 juillet 2016. Adama Traoré avait été retrouvé mort deux heures après son interpellation par trois gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val d’Oise). Interpellé après une course-poursuite, il avait été maintenu au sol sous le poids des gendarmes, et avait eu un malaise dans leur véhicule avant de décéder dans la cour de la gendarmerie de la commune voisine de Persan.

Les médecins privilégient l'asphyxie mécanique

La famille d’Adama Traoré a mandaté des médecins des hôpitaux de Paris. Ce sont quatre spécialistes des deux pathologies rares dont souffrait le jeune homme de 24 ans. Les médecins sont formels : ces deux pathologies ne peuvent pas expliquer la mort d’Adama Traoré. Ce dernier souffrait d'une maladie génétique (la drépanocytose) ainsi que d'une pathologie rare.

Pour les professeurs sollicités par Yassine Bouzrou, l’avocat des proches du jeune homme, c’est l’hypothèse d’une asphyxie mécanique qui doit être privilégiée. Ce sont donc les conditions de l’interpellation d’Adama Traoré qui sont susceptibles d’avoir provoqué son décès d’après cette contre-expertise, désormais versée au dossier. La famille d’Adama Traoré attend maintenant des juges qu’ils interrogent à nouveau les trois gendarmes et organisent une reconstitution sur les lieux de l’arrestation.