Mystère autour de l'existence d'une vidéo du crash de l'A320 de Germanwings

Le procureur de la République de Marseille a démenti "qu'en l'état actuel des investigations, figurent à l'enquête une ou plusieurs vidéos filmant le crash de l'Airbus A320" de Germanwings.

La stèle érigée en mémoire des victimes du crash aérien de Germanwings, au Vernet (Alpes-de-Haute-Provence), le 27 mars 2015.
La stèle érigée en mémoire des victimes du crash aérien de Germanwings, au Vernet (Alpes-de-Haute-Provence), le 27 mars 2015. (JEFF PACHOUD / AFP)

Les passagers de l'A320 de Germanwings étaient-ils conscients que l'appareil allait s'écraser ? Sur son site internet, Paris Match assure avoir vu une vidéo réalisée à l'intérieur de l'avion, via un téléphone portable, tout en précisant ne pas posséder cet enregistrement. Or, les gendarmes démentent formellement l'existence d'une telle vidéo. "En l'état actuel, aucune vidéo du crash ne figure à l'enquête", a indiqué le procureur de la République de Marseille (Bouches-du-Rhône), mercredi 1er avril. 

Francetv info revient sur ces deux versions.

Son authenticité ne fait "aucun doute" pour Paris Match

Sur l'enregistrement que prétend avoir regardé Paris Match, "on entend crier 'Mon Dieu' en plusieurs langues", selon le site internet de l'hebdomadaire. Il assure par ailleurs n'avoir "aucun doute" sur la provenance de l'enregistrement, en l'occurrence un téléphone portable. "La scène est tellement chaotique qu'on ne distingue personne, mais les cris des passagers révèlent qu'ils étaient parfaitement conscients de ce qui allait arriver. Vers la fin, après une secousse plus forte, les cris s'intensifient. Puis plus rien", précise Paris Match.

Sur le même enregistrement, "on entend également, par trois fois au moins, des coups métalliques qui laissent penser que le pilote tente d'ouvrir la porte du cockpit au moyen d'un objet lourd", ajoute Paris Match, ce qui est confirmé par les enregistrements de la boîte noire.

Paris Match "ne possède pas" cette vidéo précise dans une interview filmée le journaliste qui en a rendu compte dans l'hebdomadaire. Il affirme : "c'est un élément humain très fort mais (...) qui n'apporte rien à l'enquête". S'agissant des origines du document, le journaliste explique qu'il provient d'un "très long travail d'investigation" à l'aide "(d') intermédiaires qui sont connectés avec des gens qui travaillent sur le terrain".

Des données "pas encore exploitées", pour la gendarmerie

Ces affirmations sont "complètement fausses", a réagi le lieutenant-colonel Jean-Marc Ménichini, de la gendarmerie française, interrogé par CNN. Il a précisé que les téléphones mobiles collectés sur le site du crash n'avaient pas été "encore exploités" par les enquêteurs, selon le site internet de la chaîne américaine.

Ces téléphones cellulaires devraient être envoyés pour analyse à l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale à Rosny-sous-Bois, près de Paris, a précisé le lieutenant-colonel Ménichini. Si quelqu'un possède une vidéo du crash, il "se doit de la remettre" aux enquêteurs, a poursuivi le procureur de Marseille dans un communiqué, publié mercredi.