AVANT/APRES. Neuf images satellite de la Nasa qui montrent l'impact dramatique de l'homme sur la planète

En quelques années, plusieurs parties du globe ont été transformées du fait de l'activité humaine. Des changements parfois irréversibles.

Faut-il y voir un pied de nez à Donald Trump ? Vendredi 20 janvier, le jour-même de l'investiture du président américain climatosceptique, un compte Twitter lié à la Nasa a relayé l'une des initiatives de l'Agence spatiale américaine sur le changement climatique.

Le lien en question, une présentation interactive intitulée "Images of change" ("Les images du changement"), montre, à partir d'images satellitaires, les bouleversements engendrées par l'homme sur la planète. Installations industrielles gigantesques, glaciers en voie de disparition et lacs asséchés… La beauté apparente de certains de ces clichés laisse entrevoir une situation bien moins idyllique. Franceinfo a sélectionné neuf exemples.

Des constructions qui défigurent le paysage

Nous sommes de plus en plus nombreux sur la planète et cette croissance démographique n'est pas invisible aux yeux des satellites. New Delhi, la capitale indienne, a été immortalisée en 1991 et en 2016 : entre ces deux clichés, la population de la ville est passée de 9,4 à 25 millions d'habitants. Un changement considérable.

Dans certaines régions du globe, l'emprise de l'homme sur la nature est encore plus forte. C'est le cas aux Emirats arabes unis, où des îles artificielles ont, depuis 2001, émergé, le long de la côte de Dubaï. Des îlots regroupés en forme de palmier ou de carte du monde.

Les activités industrielles sont également bien visibles depuis l'espace. C'est, par exemple, le cas dans le Wyoming, où est installée la plus grande mine de charbon des Etats-Unis. En plus de trente ans, le paysage, auparavant marqué par l'agriculture, a été bouleversé par l'extraction de la roche. Il pourrait encore considérablement changer dans le futur : l'Institut d'études géologiques américain estime, en effet, que les mines de la région seront encore économiquement viables pendant vingt ans.

Des glaciers qui disparaissent

Face au réchauffement climatique, les pôles suscitent l'inquiétude chez de nombreux scientifiques. En témoignent ces images en Antarctique : dans l'Ouest, le long de la mer de Bellingshausen, la glace recule depuis au moins quatre décennies. Des eaux trop chaudes sont les probables responsables du phénomène, explique l'agence.

Si la fonte est un phénomène classique, elle se produit parfois exceptionnellement tôt, comme cela a été le cas au Groenland, en juin 2016. Rien à voir avec ce que l'on pouvait voir dans la région à la même période en 2014.

Au-delà des pôles, de nombreux sommets sont touchés par le phénomène, comme dans les Rocheuses, aux Etats-Unis. Le parc national de Glacier, dans le Montana, pourrait bien voir toute sa glace disparaître d'ici à 2030, selon la Nasa. Des 150 glaciers qu'il abritait en 1850, il n'en reste plus que 25 aujourd'hui.

Des lacs qui s'assèchent ou débordent

Le niveau du lac Mead, le plus grand réservoir des Etats-Unis, a atteint son plus bas en 2016, après seize années de sécheresse, explique la Nasa. Par rapport à 1984, le lac a perdu près des deux tiers de sa capacité. Inquiétant, quand on sait qu'il approvisionne en eau 25 millions de personnes, dans le Nevada, l'Arizona, la Californie et le nord du Mexique.

Certaines étendues d'eau sont complètement à sec. C'est ce qui est arrivé au lac Poopo, en Bolivie, une importante ressource pour les pêcheurs des environs, explique la Nasa. La faute à la sécheresse, là encore, mais aussi aux activités humaines, qui ont nécessité l'utilisation de l'eau pour l'exploitation minière et l'agriculture.

A contrario, d'autres lacs voient leur niveau augmenter, parfois dramatiquement. Depuis 2002, le lac Enriquillo, en République dominicaine, a doublé de taille, entraînant la disparition de dizaines de kilomètres carrés de terrains agricoles et le déplacement de milliers de familles. Le phénomène est similaire pour le lac voisin d'Azuéi, en Haïti. Le mystère n'est pas encore totalement percé, selon Courrier international, mais certains scientifiques pointent, là aussi, le changement climatique.