"On ne comprend plus rien" : les Boliviens dans la rue pour contester le décompte des votes de l'élection présidentielle

Les derniers résultats partiels de l'élection présidentielle donnent Evo Morales gagnant mardi 22 octobre, alors que les premiers décomptes annonçaient un second tour dimanche soir.

Des Boliviens manifestent devant le tribunal électoral départemental de Sucre, le 22 octobre 2019.
Des Boliviens manifestent devant le tribunal électoral départemental de Sucre, le 22 octobre 2019. (JOSE LUIS RODRIGUEZ / AFP)

"Nous n'avons pas peur. Evo, tu ne reviendras pas."  Des milliers de manifestants ont crié leur colère dans les rue de La Paz, capitale de la Bolivie, et dans tout le reste du pays, mardi 22 octobre. Ils se disent "debout pour la démocratie", comme Jaime : "Je suis vieux maintenant mais je me suis battu contre les dictatures militaires quand j'étais à l'université. Le sang a coulé, des gens sont morts pour faire tomber ces dictateurs. Et maintenant, nous prenons le même chemin."

Une grève générale a commencé mercredi, mouvement qu'Evo Morales a comparé à un "coup d'Etat". La Bolivie est plus que jamais dans l'incertitude depuis les élections présidentielles du dimanche 20 octobre. Alors que les premiers résultats partiels, dimanche soir, tendaient vers un second tour entre Evo Morales et son principal adversaire, le centriste Carlos Mesa, de nouveaux résultats diffusés le lendemain par l'autorité électorale donnaient quasiment la victoire au chef de l'Etat sortant. L'opposition et les observateurs internationaux soupçonnent des fraudes dans le processus électoral.

L'incertitude règne et c'est pour cela que nous sommes dans la rueUne manifestanteà franceinfo

Beaucoup de jeunes ont répondu présents, eux qui n'ont pas connu les dictatures mais ne croient plus en leurs institutions, comme cette manifestante : "Arrêter le décompte des voix dimanche soir, le reprendre lundi, puis le stopper de nouveau, on ne comprend plus rien !"

Le gouvernement tente de calmer le jeu

Pourtant, plus tôt dans la journée, le ministre des Affaires étrangères Diego Pary avait tenté de rassurer la population. Il a annoncé vouloir de la transparence et a affirmé que le gouvernement respecterait les résultats donnés par la Cour électorale, quels qu'ils soient. Le ministre a même proposé aux observateurs de l'Organisation des Etats américains (OEA) de mettre en place "une commission pour mener un audit de tout le processus de décompte officiel."

Mais cette annonce n'a pas suffi. Les opposants à Evo Morales réclament toujours les résultats définitifs et, malgré l'appel à des marches pacifiques, des violences ont encore éclaté dans la soirée de mardi, dans les plus grandes villes du pays.