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Présidentielle : "Dans la majorité des cas, on vote dans la continuité de ses parents"

Anne Muxel, chercheuse et réalisatrice du documentaire "Famille, dispute et politique" a analysé pour franceinfo les influences familiales sur le vote des Français. 

Article rédigé par franceinfo
Radio France
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Des électrices lors du premier tour de la primaire de la gauche, en janvier 2017 à Perpignan. Image d'illustration.  (RAYMOND ROIG / AFP)

"Les choix politiques, comme les convictions religieuses, sont parmi les choses qui se transmettent le mieux au sein de la famille", a affirmé Anne Muxel, directrice de recherche au CEVIPOF et réalisatrice du documentaire Famille, dispute, et politique (2012), vendredi 14 avril sur franceinfo. "Dans la majorité des cas, on s'inscrit dans la continuité de ses parents", a-t-elle assuré. 

franceinfo : famille et politique sont-elles très liées ?

Anne Muxel : On parle politique en famille plus que dans tout autre sorte de lieu, le travail ou les échanges avec ses amis.

C'est en famille qu'on fait cette expérience démocratique, qu'on échange à propos de ses opinions ou de ses choix, qu'on se décide aussi lorsqu'on ne sait pas pour qui on va voter.

Anne Muxel

à franceinfo

La famille reste un lieu de formation. Les choix politiques, comme les convictions religieuses, sont parmi les choses qui se transmettent le mieux au sein de la famille.

Les jeunes votent-ils comme leurs parents ?

On dit souvent que le vote se fait par opposition à ses parents, mais c'est une idée fausse. Ce qui se passe est plutôt de l'ordre de la continuité et de la reproduction. La rupture, être de gauche dans une famille de droite ou l'inverse, c'est peut-être 15% de la population. Dans la majorité des cas, on s'inscrit dans la continuité de ses parents. Mais ça ne veut pas dire qu'on va voter de la même façon au sein de la gauche ou au sein de la droite, et ça va générer des discussions.

Qu'avez-vous découvert quand vous avez posé la caméra au milieu de ces familles ?

C'est intéressant parce que la plupart ne s'étaient pas forcément posés ces questions. Cela a été souvent pour elles l'occasion d'une prise de conscience que la politique, en lien avec leur vie affective et intime, pouvait avoir une incidence sur cette vie. C'était du vécu mais ils n'avaient pas eu l'occasion de s'exprimer dessus et d'en prendre conscience.

Les repas de famille peuvent-ils, parfois, tourner au pugilat politique ?

Cela peut mal se passer. Donc, il y a aussi beaucoup de familles dans lesquelles on se met à table, et la première chose qu'on dit c'est : "surtout, on n'en parle pas !"

"On parle plus de politique en famille que dans tout autre lieu" Anne Muxel, directrice de recherche au Cevipof au micro de Jérôme Cadet

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