Municipales à Lille : les candidats Vert et Marcheur dénoncent une alliance de l’ancien monde entre la droite et le PS

Éliminée au premier tour, la droite appelle à voter pour la maire sortante PS Martine Aubry au second. Objectif : faire barrage aux écologistes, arrivés deuxièmes.

De gauche à droite : Violette Spillebout (LREM), Stéphane Baly (EELV) et Martine Aubry (PS).
De gauche à droite : Violette Spillebout (LREM), Stéphane Baly (EELV) et Martine Aubry (PS). (AFP)

Taxé d’être entouré d’écolos marxistes, de "fous furieux", Stéphane Baly, le candidat écologiste aux élections municipales à Lille reste presque sans voix face à des propos qu’il qualifie de grotesques. Ils flirtent avec la diffamation mais il n’a même pas envisagé de porter plainte. "C’est surtout la coalition de l’ancien monde. C’est lui qui ne veut pas que ça change. Et j’en appelle à tous ceux et toutes celles qui refusent les arrangements de l’ancien monde, ces coalitions contre le climat, à voter le 28 juin 'Lille verte'. Je pense qu’il ne faut vraiment pas se tromper. Il y a le quatrième mandat inutile, pour faire quoi ? Et puis, il y a le vote d’espoir, le vote d’avenir avec 'Lille verte'".

Pour le second tour, la droite s’est beaucoup alliée à La République en Marche. Mais à Lille où elle a été éliminée dès le premier tour, elle a misé sur la socialiste Martine Aubry, candidate à sa réélection, pour faire barrage aux écologistes, arrivés en deuxième position avec 24,53% des voix et qui, selon un sondage IFOP publié jeudi, la talonnent avec deux points d’écart pour le 28 juin.

"Des invectives de mauvais perdants"

La charge lancée par l’actuel chef de file de l’opposition municipale, Thierry Pauchet, est extrêmement violente. Et la candidate macroniste n’est pas épargnée. Violette Spillebout, arrivée troisième avec 17,5% des voix, est  accusée de ne pas avoir de colonne vertébrale. Voter pour elle serait un vote inutile. Ce ne sont là qu’invectives de mauvais perdants, dit elle. Violette Spillebout rappelle que celui  qui porte les coups n’était même pas tête de liste : "C’est l’ancien système qui se met en branle avec des manœuvres cousues de fil blanc sur des arrangements entre les municipales, les régionales, les départementales. Franchement, ça ne m’intéresse pas. Personne n’est propriétaire de ses électeurs. Je croise tous les jours des Lillois qui sont de droite et qui ne sont pas, pour beaucoup d'entre eux, allés voter le 15 mars et qui m’assurent de tout leur soutien pour le 28 juin. Ils sont cohérents avec leur ligne politique qui a toujours été l’opposition à Martine Aubry".

Quel sera l’effet réel du soutien inattendu de la droite ? Dans l’entourage de Martine Aubry, aussi, on se pose la question. On affirme que la maire de Lille ne l’a pas sollicité. On souligne qu’il n’y a aucune contrepartie à y apporter. Et l’on rappelle le vieil adage : au premier tour on choisit, au deuxième, on élimine. Face à l’attaque, les adversaires de Martine Aubry jouent la même carte : celle du dégagisme. Ses partisans plaident, eux,  le besoin de stabilité surtout en période de crise.