Municipales 2020 à Marseille : un maire d'arrondissement LR entendu dans l'enquête sur les soupçons de fraude à la procuration

Des perquisitions, menées par les enquêteurs, ont eu lieu dans les mairies du 11e et du 12e arrondissement de la ville.

Présentation de Julien Ravier (à droite) et Valérie Boyer (à gauche) têtes de listes Les Républicains (LR), dans les 11ème et 12ème arrondissements de Marseille, en présence de Martine Vassal (au centre) candidate LR à la mairie de la ville le 18 janvier 2020.
Présentation de Julien Ravier (à droite) et Valérie Boyer (à gauche) têtes de listes Les Républicains (LR), dans les 11ème et 12ème arrondissements de Marseille, en présence de Martine Vassal (au centre) candidate LR à la mairie de la ville le 18 janvier 2020. (MAXPPP)

Marseille ne connaît pas encore son maire. Mais, en attendant l'issue de ce "troisième tour" des municipales, l'enquête sur de possibles fraudes aux procurations "se poursuit", a déclaré la procureure de Marseille Dominique Laurens mardi 30 juin. Les mairies des 11e et 12e arrondissements, conservées par Les Républicains à l'issue du second tour des municipales, ont ainsi été perquisitionnés par les enquêteurs de la brigade financière. Le maire LR d'arrondissement Julien Ravier est lui-même entendu par les enquêteurs, en audition libre et non d'une garde à vue, selon la procureure.

Enquête au sein d'une maison de retraite

L'enquête a été ouverte mi-juin sur de possibles "manœuvres frauduleuses" en vue d'établir des procurations d'électeurs et pour des "faux et usages de faux" dans le camp de la candidate LR Martine Vassal. Les enquêteurs ont aussi creusé la piste d'une maison de retraite du 12e arrondissement, où une cinquantaine de procurations ont été établies pour des résidents, à leur insu selon plusieurs familles. Les listes d'émargement du premier tour font apparaître parmi les mandataires de ces pensionnaires les noms de plusieurs proches de Julien Ravier, dont son directeur de cabinet, un élu ou encore la directrice générale des services de sa mairie. 

Ce secteur est l'un des trois que la liste Les Républicains est parvenue à conserver au second tour (35,37%) dimanche soir. L'union de la gauche (Printemps Marseillais), qui y a obtenu 34,1% des suffrages exprimés, envisage un recours au tribunal administratif qui pourrait permettre de contester ces résultats. Et l'enjeu est capital pour la deuxième ville de France, la seule où l'issue des municipales soit encore ouverte, car le scrutin se déroule par secteurs et aucune majorité absolue ne s'est dégagée en vue du "troisième tour" prévu samedi. La candidate de l'union de la gauche Michèle Rubirola, forte de son arrivée largement en tête dans le vote populaire (38%), espère réunir la majorité nécessaire avec l'appui de la sénatrice Samia Ghali. Mais la droite ne désespère pas de trouver une majorité alternative, derrière Martine Vassal ou une autre figure, pour conserver son principal bastion en France.