Juppé tend la main à Macron, "une erreur" selon Wauquiez

Le maire de Bordeaux a proposé la constitution d'un "grand mouvement central" avec le chef de l'Etat en vue des élections européennes de 2019.

Alain Juppé, le 9 septembre 2017 à l\'hôtel de ville de Bordeaux.
Alain Juppé, le 9 septembre 2017 à l'hôtel de ville de Bordeaux. (GEORGES GOBET / AFP)
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franceinfo avec AFPFrance Télévisions

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Il prône un "grand mouvement central" avec le chef de l'Etat aux élections européennes. Alain Juppé tend la main à Emmanuel Macron en vue de ce scrutin programmé au printemps 2019. L'ancien Premier ministre a fait cette proposition au cours d'un déjeuner de l'Association de la presse diplomatique française vendredi.

Dans un tweet publié dimanche 12 novembre, l'ancien Premier ministre a nettement atténué ses propos, rejetant la faute sur les médias qui auraient selon lui mal interprété ses déclarations.

Reste que lors du déjeuner de vendredi, Alain Juppé n'a pas tari d'éloges sur le président de la République, qui l'a en retour chaleureusement salué lors de la cérémonie du 11-Novembre à Paris. Il a en particulier adressé un satisfecit au discours sur l'Europe prononcé il y a quelques semaines à la Sorbonne par Emmanuel Macron : "J'aurais peu de choses à y changer (...) c'est un bon discours qui trace des perspectives claires."

Distribution de bons points

Le maire de Bordeaux s'est réjoui, en se référant à l'Europe, de "la crédibilité française retrouvée, et d'une capacité d'initiative de la France qui s'était érodée dans la période précédente". Il a en particulier apprécié l'expression de "bien commun" utilisée par Emmanuel Macron pour parler de la construction européenne dans son discours. Globalement, depuis l'élection d'Emmanuel Macron il y a six mois, "il y a une forme de crédibilité retrouvée. L'image de la France a changé", veut croire Alain Juppé, très proche du Premier ministre, Edouard Philippe.

Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères à deux reprises, a en outre adressé un bon point à Emmanuel Macron pour sa récente visite surprise en Arabie saoudite, destinée à faire baisser la tension avec l'Iran. "Il est bon que le président mouille sa chemise pour jouer un rôle de médiateur (...) ça va peut-être marcher (...) l'initiative est tout à fait positive", a-t-il jugé.

Pour lui, dans la politique étrangère d'Emmanuel Macron, il y a "beaucoup plus d'éléments de continuité que de rupture", même s'il a égratigné le chef de l'Etat sur ses relations avec Donald Trump : "Je ne suis pas sûr que j'aurais manifesté autant d'empathie avec le président américain", reçu en grande pompe le 14 juillet à Paris.

Wauquiez juge que "cette proposition est une erreur"

Mais à deux ans du scrutin européen, prochain rendez-vous de l'agenda électoral français, la proposition du maire de Bordeaux ne fait pas que des émules au sein de LR, qui va élire son nouveau président dans un mois.

Grand favori de cette élection interne, Laurent Wauquiez a ainsi jugé sur France 3 que "cette proposition est une erreur". "Nous ne partageons pas la même vision de l'Europe qu'Emmanuel Macron", en particulier sur l'élargissement éventuel de l'Union européenne, a-t-il détaillé.

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Alain Juppé avait pour sa part égratigné vendredi des personnalités de son parti : "J'insupporte le discours anti-élites de certains dirigeants de LR. (...) Un peuple sans élites est un peuple sans repères."

Valérie Pécresse, présidente LR de la région Ile-de-France, a elle aussi pris ses distances avec Alain Juppé, qu'elle soutenait pourtant à la primaire de la droite en 2016. "Des pro-Européens, il y en a toujours eu à gauche et à droite. François Mitterrand était pro-Européen, je n'ai jamais voté pour une liste socialiste" aux européennes, a-t-elle souligné dimanche au Grand Rendez-vous CNews-Europe 1-Les Echos.