VRAI OU FAKE Européennes : y avait-il vraiment 1 000 personnes au meeting de la majorité présidentielle à Caen ?

L'estimation faite par le directeur de campagne Stéphane Séjourné laisse de nombreux internautes sceptiques et divise les journalistes présents sur place, lundi.

De gauche à droite, Sébastien Lecornu, Nathalie Loiseau, Edouard Philippe, Gabriel Attal et Muriel Pénicaud, le 6 mai 2019 à Caen (Calvados), lors d\'un meeting de campagne de la majorité présidentielle pour les élections européennes.
De gauche à droite, Sébastien Lecornu, Nathalie Loiseau, Edouard Philippe, Gabriel Attal et Muriel Pénicaud, le 6 mai 2019 à Caen (Calvados), lors d'un meeting de campagne de la majorité présidentielle pour les élections européennes. (DAMIEN MEYER / AFP)

"Super meeting". Sur Twitter, le directeur de campagne de la majorité présidentielle pour les élections européennes s'est félicité de l'affluence au meeting organisé à Caen (Calvados) lundi 6 mai dans la soirée. Selon Stéphane Séjourné, un millier de personnes étaient présentes dans la salle normande et quelque 150 autres n'ont pas pu y entrer. Mais les chiffres avancés par l'ancien conseiller d'Emmanuel Macron ont laissé de nombreux internautes dubitatifs. Certains l'accusent même de mentir, faisant valoir que le lieu ne pouvait pas contenir autant de monde.

"La salle était pleine"

Combien de partisans de La République en marche (LREM) étaient réellement présents lundi soir au meeting de Caen ? Selon l'AFP, 500 sympathisants étaient réunis pour écouter la tête de liste, Nathalie Loiseau, plusieurs ministres du gouvernement et l'invité vedette, le Premier ministre Edouard Philippe, ancien maire du Havre de retour en terres normandes. France Bleu Normandie a pour sa part dénombré environ 600 participants.

Interrogé par franceinfo, Marc Préel, journaliste au service politique de l'AFP, confirme son estimation du nombre de participants. "Le comptage croisé avec plusieurs confrères était de 464 chaises installées", explique le reporter chargé de suivre l'actualité de Matignon. Il ajoute qu'"il y avait entre 50 et 100 personnes debout" et chiffre donc à "entre 500 et 600" le nombre de personnes présentes dans la salle. "Les différences d'estimation en meeting sont fréquentes, les organisateurs ayant tendance à gonfler quelque peu les chiffres", fait-il observer.

Le journaliste de France 3 Normandie, Jean-Yves Gelebart, avance lui un chiffrage supérieur. "La salle était pleine. A la louche, il y avait bien 800 personnes. Et ce n'est pas exagéré de dire qu'il y avait une centaine de personnes dehors", estime-t-il. Quant au journaliste de France Bleu, également présent sur place lundi soir, il confirme le chiffre avancé par Stéphane Séjourné. "La salle était pleine. Il n'y avait pas une chaise vide. Les gens étaient debout. Il y avait bien un millier de personnes dedans", assure-t-il. "Dehors, il y avait au moins 100 personnes. Il fallait s'inscrire pour assister au meeting. C'était des gens qui étaient venus spontanément", explique le reporter.

Un espace prévu pour 1 200 personnes maximum

Contactée par franceinfo, une responsable du Centre de congrès de Caen indique que la salle réservée lundi soir pour le meeting était le hall Tansillo, comme l'attestent les photos et la page d'inscription à l'événement. D'après la fiche technique que franceinfo s'est procurée, le hall de 1 014 m2 peut accueillir jusqu'à 1 200 convives. Mais il est alors configuré pour un cocktail, donc sans rangées de chaises.

Dans le cas d'une réunion, le nombre maximal d'occupants est 900, avec des rangées de chaises. Mais lundi soir, "il y avait un peu moins de chaises, parce qu'il y avait une très grande scène", explique cette cadre du Centre de congrès. "Il y avait entre 700 et 800 personnes assises", chiffre-t-elle, ajoutant qu'"il y avait d'autres personnes debout".

Afin de s'assurer que la salle soit pleine, LREM a "ratissé large", explique le journaliste de France 3 Normandie. "Il y avait des gens des cinq départements normands. Dont pas mal du Havre, la ville d'Edouard Philippe", relate-t-il. "Compte tenu du désintérêt des Français pour la politique, les responsables de campagne prévoient peut-être des salles un peu justes", analyse le reporter de France Bleu Normandie. Un bon moyen d'éviter des images désastreuses pour les candidats : des fauteuils vides et des grandes salles seulement à moitié pleines.