INFOGRAPHIES. Qui sont les candidats aux départementales ?

Ils sont 18 194 à être alignés pour le premier tour, pour seulement 4 108 sièges à pourvoir. Francetv info dresse le portrait des candidats aux élections départementales des 22 et 29 mars.

Des affiches pour les élections départementales à Valence d\'Agen (Tarn-et-Garonne), le 11 mars 2015.
Des affiches pour les élections départementales à Valence d'Agen (Tarn-et-Garonne), le 11 mars 2015. (PASCAL PAVANI / AFP)

A un peu moins d'une semaine du scrutin, vous avez peut-être découvert leurs visages, fraîchement affichés sur les panneaux électoraux, croisé leur chemin sur un marché ou assisté à une de leurs réunions publiques. Qui sont les candidats aux élections départementales des 22 et 29 mars ? Francetv info dresse le portrait des candidats, chiffres et graphiques à l'appui.

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18 194 candidats pour 4 108 sièges

Le scrutin a beau ne pas déchaîner les passions des Français, il attise tout de même les convoitises de la classe politique, tous partis confondus. Le ministère de l'Intérieur a enregistré 9 097 binômes soit, au total, 18 194 candidats qui brigueront les suffrages des électeurs. C'est un peu moins que lors des précédentes élections cantonales, organisées en 2008 et 2011, où 18 881 candidatures avaient été recensées.

Si vous vous déplacez dans l'isoloir, vous aurez, en moyenne, le choix entre 4,4 binômes par canton. Pour suivre l'élection la plus disputée, il faudra prendre la direction des Bouches-du-Rhône, où pas moins de 11 binômes de candidats s'affronteront au premier tour dans le canton de Marseille 1.

Le FN présent dans près de 93% des cantons

C'est l'un des enjeux du scrutin : le Front national arrivera-t-il à transformer les sondages, qui lui sont favorables, en sièges ? Pour y parvenir, le parti de Marine Le Pen n'a, en tout cas, pas lésiné sur le nombre de candidats : au total, le FN alignera 1 909 binômes, selon les données du ministère de l'Intérieur, ce qui lui permettra d'être présent dans près de 93% des cantons. Loin devant les autres formations politiques.

A gauche, le PS n'a pas réussi à faire l'unité derrière lui. Les socialistes, ou les listes "Union de la gauche" (PS avec un allié politique) seront présents dans 1 590 cantons. Mais ils devront faire face à de nombreuses candidatures concurrentes dans certains cantons où EELV partira notamment en compagnie du Parti de gauche ou d'autres formations.

A droite, l'UMP sera présente dans 1 603 cantons, via une candidature solitaire ou en union avec l'UDI qui a, en effet, choisi l'union dès le premier tour sur la majeure partie du territoire. Les centristes (UDI et MoDem) seront tout de même présents en leur nom avec 214 binômes au total. A cela il faut rajouter 2 530 binômes aux profils très divers, de Lutte ouvrière pour l'extrême gauche à la Ligue du Sud pour l'extrême droite en passant par d'autres mouvements comme le Parti nationaliste basque, Solidarité & Progrès, le mouvement de Jacques Cheminade, ou l'Union des démocrates musulmans de France.

Des candidats plus jeunes que les élus sortants

La tendance du scrutin est-elle au rajeunissement ? L'âge moyen des candidats est de 51 ans, soit dix ans de moins que les conseillers généraux sortants. Certains viennent tout juste d'obtenir le droit de vote : sur l'ensemble de la France, 17 candidats ont à peine 18 ans. La benjamine du scrutin se prénomme Virginie Bouyou. Née le 5 février 1997, elle portera les couleurs du Front national dans le Puy-de-Dôme.

Cela n'empêche pas de nombreux candidats âgés de figurer sur les bulletins de vote. La doyenne est, elle aussi, candidate pour le Front national : à 91 ans, Françoise Sipière concourra dans les Pyrénées-Atlantiques. Le parti est particulièrement adepte des candidats seniors, comme l'avait remarqué "L'Œil du 20 heures".

Moins de retraités que dans les hémicycles

Plus jeunes, les candidats sont aussi plus actifs que ceux qui siègent actuellement dans les conseils généraux. Dans les nouveaux binômes, les retraités représentent tout de même 23,2% des candidats. Une proportion toutefois bien moindre que parmi les élus sortants, où ils sont 39,3%.

Parmi les candidats, ce sont les cadres et professions libérales qui sont largement sur-représentés, analyse Harris Interactive, notamment parmi les partis de gouvernement. Ils sont 28% à appartenir à cette catégorie socioprofessionnelle, contre seulement 9% de la population française âgée de 15 ans et plus. La proportion est nettement plus faible au Front de gauche ou au Front national.

D'après l'analyse de Harris Interactive, le FN est d'ailleurs le parti qui a investi le plus d'employés (26% de ses candidats) et d'ouvriers, même si ceux-ci restent très minoritaires (4%).

Quelques personnalités en lice

Peu de grands noms de la politique nationale seront en course pour ce scrutin. Seuls trois membres du gouvernement brigueront les suffrages des électeurs dans leurs fiefs : le ministre de la Ville, Patrick Kanner, dans le Nord, le secrétaire d'Etat à la Réforme territoriale, André Vallini, en Isère, et la secrétaire d'Etat chargée des Personnes handicapées, Ségolène Neuville, dans les Pyrénées-Orientales.

Une centaine de parlementaires seront également sur les rangs, de part et d'autre de l'échiquier politique, dont 33 qui sont actuellement présidents de conseils généraux. Parmi les noms les plus connus figurent, par exemple, le député socialiste Henri Emmanuelli dans les Landes, le centriste François Sauvadet en Côte-d'Or ou l'UMP Patrick Devedjian dans les Hauts-de-Seine.