Livret A : la CLCV demande aux banques d'avoir l'"esprit de contrat social"

L'association de défense des consommateurs demande aux autorités de "garantir l'inflation" comme avant dans le calcul du taux du Livret A car le contraire engendrerait un "manque à gagner tout à fait injuste".

Photo d\'illustration, 24 août 2015.
Photo d'illustration, 24 août 2015. (DENIS CHARLET / AFP)

L'association de défense des consommateurs CLCV demande aux autorités de modifier la méthode de calcul du taux du Livret A, estimant que l'accélération de la hausse des prix entraînait une "dévalorisation historique" de l'épargne des ménages. "Ce manque à gagner est tout à fait injuste", a déclaré jeudi 3 janvier sur franceinfo, François Carlier, délégué général de l'association de consommateurs CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie).

franceinfo : Pourquoi voulez-vous que la méthode de calcul change ?

François Carlier : Pour 2018, on va recevoir un taux de 0,75% alors que l'inflation va être à 1,8% ou 1,9% sur l'ensemble de l'année. On va donc avoir un taux de livret A qui rémunère bien moins que l'inflation. C'est tout à fait historique. Il faut remonter à 1983 à l'époque où l'inflation était à 10% pour avoir ces éléments-là. Garantir l'inflation pour l'épargne réglementée cela faisait partie du contrat social français et là, ce manque à gagner est tout à fait injuste.

Une nouvelle méthode doit entrer en vigueur début 2020. Qu'en pensez-vous ?

Elle ne sera pas favorable parce que sa nouveauté principale c'est de ne plus garantir l'inflation. Ce qui était le cas avant, jusqu'en 2016. Elle prévoit un plancher à 0,5%, ce qui est faible. Sortir de cette garantie de l'inflation, c'est clairement un geste qui a été fait en direction des banques qui étaient très demandeuses. Mais c'est très préjudiciable pour le pouvoir d'achat. Donc, on demande tout simplement de revenir aux formules de calcul qu'il y avait précédemment.

Selon vous, les épargnants se font avoir ?

Oui, ils se font voir puisque lorsque vous êtes un point en-dessous de l'inflation, cela veut dire que votre épargne se dégrade en termes de pouvoir d'achat. Dans les temps futurs, globalement au moins pour 2020-2021, on pense qu'on aura des taux bas qui seront inférieurs à l'inflation et que donc cette situation injuste va perdurer.

Qui a recours au Livret A ?

C'est un peu tout le monde, mais de manière différente. Nous on vise notamment tous les gens qui ont entre 3 000 et 10 000 euros, la moyenne étant de 5 000 euros. C'est important parce que quand vous avez quelques milliers d'euros d'épargne, vous n'allez pas aller sur des actions parce que c'est trop risqué, vous n'allez pas aller sur l'assurance-vie. C'est pour ça qu'un taux trop bas est dommageable. C'est l'épargne sécurisée et aussi un matelas de sécurité pour les banques. Au moment de la crise financière de 2008, quand les capitaux partaient, les banques étaient bien contentes d'avoir ces 350 milliards de capitaux dans leur coffre. C'est aussi pour ça que je leur demande d'avoir cet esprit de contrat social.