Immatriculation, usagers mineurs, trottoirs... Ce qui change pour les trottinettes en libre-service

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A Paris, le 30 septembre 2022. Dans la capitale, la mairie envisage de ne pas renouveler le contrat des opérateurs en février 2023.  (FIORA GARENZI / HANS LUCAS / AFP)

A partir de lundi, à Paris, les usagers devront scanner leur carte d'identité pour prouver leur majorité et les engins seront progressivement équipés de plaques d'immatriculation.

Les trottinettes en libre-service sont en sursis. Alors que la mortalité des utilisateurs augmente d'année en année, avec 22 décès enregistrés l'an dernier, contre 10 en 2019 et sept en 2020, plusieurs villes les ont bannies, ou envisagent leur interdiction. A Paris, où la mairie pourrait ne pas renouveler les contrats de Lime, Dott et Tier à la fin février 2023, les exploitants essaient de sauver leur place et ont pris des mesures qui entrent en vigueur lundi 28 novembre. De son côté, le Conseil national de la sécurité routière recommande, selon Le Parisien, de renforcer le cadre légal de la circulation sur les trottoirs.

Voici ce qui change et ce qui risque de changer pour ces engins.  

La carte d'identité scannée à Paris

Lors d'une conférence de presse, jeudi dernier à Paris, les opérateurs Lime, Dott et Tier ont présenté onze propositions pour renforcer la sécurité des utilisateurs comme des piétons et mieux intégrer les engins dans l'espace public. Parmi celles-ci, l'obligation, pour les clients, de scanner leur carte d'identité, afin de faire respecter l'interdiction des trottinettes aux mineurs, qui reposait jusqu'ici sur une simple déclaration. Une mesure similaire a déjà été prise à Lyon et à Bordeaux

Le maire du 6e arrondissement, Jean-Pierre Lecoq (LR), a salué cette initiative. "Il appartient dorénavant aux autorités de faire réellement respecter le Code de la route, en sanctionnant tous les comportements inappropriés", a-t-il souligné dans un communiqué.

"Les opérateurs n'auront pas les moyens de procéder à tous les contrôles. Il faut que cette pratique soit normalisée et qu'elle fasse partie du cahier des charges de la mairie", a réagi auprès de France 3 Paris Ile-de-France Arnaud Kielbasa, cofondateur de l'association Apacauvi, qui aide aux victimes d'accidents impliquant des trottinettes électriques. Pour contrer cette critique, les opérateurs ont annoncé augmenter de 20% le nombre de patrouilleurs chargés de repositionner les trottinettes garées.

Les engins équipés de plaques d'immatriculation dans la capitale

Les opérateurs en service à Paris ont également annoncé qu'ils allaient équiper leurs engins d'une plaque d'immatriculation pour faciliter la verbalisation des utilisateurs qui grillent les feux ou roulent à deux. Les 15 000 trottinettes parisiennes vont ainsi être équipées d'une plaque sur le pare-boue arrière, comme à Grenoble ou en Allemagne, et les exploitants se proposent de financer une expérimentation de vidéo-verbalisation.

Selon eux, cette petite plaque pourrait aider la police, qui contrôle de plus en plus les utilisateurs de "mobilités douces", à mieux verbaliser les fous de la trottinette. Ceux-ci seront par ailleurs exclus des applications. 

Vers un système de détection des trottoirs   

Les trois exploitants ont mis en avant les améliorations apportées aux trottinettes depuis l'arrivée chaotique de ces engins à Paris, en 2019. Elles doivent désormais être garées sur des places dédiées, leur vitesse est limitée à 20 km/h partout dans la capitale, et 10 km/h dans 700 zones denses. Ils souhaitent à présent instaurer un système de détection des trottoirs et militent pour l'organisation de campagnes "d'éducation des usagers sur la conduite à deux et la circulation sur les trottoirs". 

Les trottinettes électriques sont déjà interdites de circulation sur les trottoirs, sous peine d'une amende de 135 euros. Dans les faits, elles sont toujours nombreuses à y circuler. Pour aller plus loin et sanctuariser ces espaces, le Conseil national de la sécurité routière (CNSR) doit faire des recommandations au gouvernement, lundi.

Selon Le Parisien, le CNSR préconise notamment de "définir légalement le trottoir comme étant une partie de la voie publique réservée à la circulation et à l'usage du piéton". Exit, donc, tous les engins roulants, dont les trottinettes sans moteur, les rollers et les skateboard, actuellement autorisés. En attendant une éventuelle décision de l'exécutif allant en ce sens, l'association 60 millions de piétons réclame dans les colonnes du quotidien de "sanctionner très fort en verbalisant ceux qui n'ont rien à faire sur les trottoirs"

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