Vacances : "Les vagues de départs massifs sont associées à de fortes émissions de polluants"

Marie Cheron, responsable de la mobilité au sein de la Fondation pour la Nature et l'Homme, a également expliqué, samedi sur franceinfo, que "l'afflux de touristes dans les stations a de multiples impacts sur ces territoires".

Un samedi de départ en vacances, le 29 juillet 2017, à Lyon (Rhône).
Un samedi de départ en vacances, le 29 juillet 2017, à Lyon (Rhône). (ROMAIN LAFABREGUE / AFP)

Pour le premier week-end de grands départs, la journée du samedi 7 juillet est classée orange par Bison futé. Les vacanciers risquent de respirer un air pollué sur les routes où le trafic sera dense notamment vers les stations balnéaires. Marie Cheron, responsable de la mobilité au sein de la Fondation pour la Nature et l'Homme, créée par Nicolas Hulot, a expliqué, samedi sur franceinfo, que "les vagues de départs massifs sont associées à de fortes émissions de polluants". Les particules qui sont émises par le trafic automobile "sont de plus en plus fines et de plus en plus dangereuses pour l'environnement", a-t-elle souligné.

franceinfo : Les départs en vacances augmentent-ils la pollution ?

Marie Cheron : Les vagues de départs massifs sont associées à de fortes émissions de polluants. En cas de fortes chaleurs, comme c'est la cas actuellement, cela peut provoquer des pics de pollution qui sont associés, eux également, à des risques pour notre santé. Depuis vendredi, les zones du Nord et du Nord-Pas-de-Calais ont été placées en alerte pollution aux particules fines. Cette alerte dure tout le week-end. La vitesse est abaissée à 20 km/h sur l'ensemble des routes.

La pollution est-elle plus importante qu'il y a 10 ans ?

La forme de la pollution a évolué, c'est-à-dire que les polluants ne sont pas les mêmes. C'est ce qu'on observe en ville pendant l'année. Les particules qui sont émises par le trafic automobile ont évolué et sont de plus en plus fines et de plus en plus dangereuses pour l'environnement. Cela se traduit par des risques sanitaires plus importants pour la population.

Rappelons que la pollution de l'air en France, c'est 48 000 morts par an.Marie Cheron

Ce sont des difficultés respiratoires, ce sont des risques accrus de maladies cardio-vasculaires. Plus vous êtes exposés à des pics de pollution fréquents plus les risques sont importants pour votre santé. Ce sont des problèmes de développements chez l'enfant puisque cela atteint les bébés, même quand ils sont dans le ventre. Cela atteint également le cerveau.

Quelles sont les répercussions sur les régions d'un tel afflux de vacanciers ?

L'afflux de touristes dans les stations a de multiples impacts sur ces territoires. C'est une consommation d'énergies qui augmente, c'est une consommation d'eau qui augmente, c'est un trafic qui augmente, c'est du bruit qui augmente, c'est une augmentation des déchets. On a des impacts qui sont multiples sur des territoires qui sont fragiles. On est à deux fois plus de consommation d'eau et deux fois plus consommation d'énergies par les touristes.

Pendant les vacances, pouvez-vous nous citer l'exemple d'un acte responsable pour préserver l'environnement ?

Nous avons mentionné l'impact des crèmes solaires sur la pollution de l'environnement marin. Il y a quelques mois Hawaï a décidé d'interdire certaines crèmes solaires à partir de 2021. Cette mesure pourrait tout à fait être prise chez nous.