SNCF : "Les conditions d'organisation de la grève ajoutent de la super galère à la galère"

Bruno Gazeau, le président de la fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT), a prévenu vendredi sur franceinfo que "la grève sera très suivie".

Le quai de la gare SNCF Matabiau à Toulouse (Haute-Garonne), le 22 mars 2018.
Le quai de la gare SNCF Matabiau à Toulouse (Haute-Garonne), le 22 mars 2018. (ERIC CABANIS / AFP)

La grève à SNCF inquiète Bruno Gazeau qui préside la fédération nationale des associations d'usagers des transports (FNAUT). Il a estimé vendredi 30 mars sur franceinfo que "la grève sera très suivie". Le mouvement contre le projet de réforme du gouvernement doit débuter lundi 2 avril à 19h. Sur France Inter, le PDG Guillaume Pepy a prévenu que le mouvement "va beaucoup perturber" le trafic dès lundi soir et a conseillé aux voyageurs de prendre le train avant 19h lundi s'ils veulent être sûrs de rentrer de leur week-end de Pâques. "Quatre millions et demi de personnes sont concernées", a rappelé Bruno Gazeau. Il déplore que les négociations "sont lentes" et espère qu'un accord sera trouvé "le plus tôt possible, pour limiter la gêne pour les usagers" . Selon lui, "les conditions d'organisation de la grève ajoutent de la super galère à la galère."

franceinfo : Les propos de Guillaume Pepy sont alarmistes sur l'importance de la grève dès lundi soir. Comment le percevez-vous ?

Bruno Gazeau : J'ai des informations qui tendent à montrer que la grève sera très suivie. Le conflit sera dur, ce qui inquiète beaucoup les usagers. Les négociations sont en cours mais pour l'instant la situation est tendue. Guillaume Pepy dit que les gens rentrent plus tôt. Ce sera difficile. C'est complet partout.

Est-ce que vous craignez que les propos de Guillaume Pepy mobilisent davantage les cheminots ?

Je suis très inquiet parce qu'il y a quatre millions et demi de personnes concernées. Les négociations sont lentes. Elles portent sur la concurrence, mais il y a encore beaucoup d'autres sujets qui agitent les syndicats. En ce qui nous concerne, nous souhaitons que soit abordé tout ce qui touche à la qualité de service, parce que c'est ce qui intéresse en premier chef les usagers. Il faut que les trains fonctionnent, qu'ils soient à l'heure, et que le plans de transports soient respectés.

Que réclamez-vous ?

On attend que les négociations se déroulent vite pour trouver un accord le plus tôt possible afin de limiter la gêne pour les usagers. On attend que la SNCF respecte la loi, qu'elle tienne informé les usagers des plans de transports dans les délais, 24 heures avant le début des grèves. Pour la grève qui commence lundi soir, il faut que, dimanche soir, on puisse disposer des plans de transports. On attend qu'au moment de la remise en marche, les choses fonctionnent immédiatement. Si les perturbations doivent durer encore 12 ou 24 heures, on rentre dans une zone incertaine où les gens croiront qu'ils ont des trains, alors qu'ils n'en auront pas. C'est extrêmement pénalisant. Les usagers considèrent qu'ils respectent le droit de grève pour les cheminots pour défendre la qualité de leur travail. Mais eux-mêmes doivent un minimum respecter les usagers et le droit à la mobilité. Or, les conditions mêmes d'organisation de la grève ajoutent de la super galère à la galère.