Ryanair : un pilote licencié pour avoir critiqué la sécurité

La compagnie aérienne irlandaise à bas coûts  a réagi avec fermeté à ce qu'elle considère comme des déclarations "diffamatoires".  L'un des pilotes qui avait publiquement signalé des problèmes de sécurité vient d'être licencié. Ryanair veut également le poursuivre en justice.

(Albert Gea Reuters)

La compagnie Ryanair est sous le feu des critiques. Il y a quelques jours de nombreux
pilotes de cette compagnie low-cost ont dénoncé des problèmes de sécurité
. En réaction ce jeudi, les dirigeants ont annoncé le licenciement de l'un des pilotes
contestataires. Comme pour faire un exemple.

En plus d'être licencié, John Goss va être attaqué en justice par la compagnie aérienne pour avoir tenu des propos "diffamatoires ". Interviewé dans le cadre de la
réalisation d'un documentaire pour la chaîne britannique Channel 4, il avait
mis en cause le respect des normes de sécurité par son employeur, précisant avoir reçu une lettre critiquant son utilisation
abusive de carburant.

Contestation quasi générale

Selon John Goss, l'ensemble des pilotes de la compagnie ne fait
pas confiance au système de compte-rendu de sécurité de l'Autorité de
l'aviation irlandaise (IAA), dont dépend Ryanair. Un sondage réalisé par l'association The Ryanair Pilot Group sur 1.093 commandants et copilotes, soit près d'un tiers des effectifs, révèle qu'une grande majorité des pilotes de Ryanair (88,8%) considèrent que la compagnie ne possède pas "une culture de la sécurité ouverte et transparente ".

De son côté, la compagnie affirme que tous les rapports confidentiels font l'objet d'une enquête
approfondie et que sa surveillance est sérieuse. "Nous n'allons pas
laisser un employé diffamer notre sécurité à la télévision nationale trois
semaines seulement après avoir
confirmé qu'il n'avait aucune crainte à l'égard de la sécurité et aucune raison d'adresser un
rapport confidentiel de sécurité à l'IAA ou à Ryanair
",
a insisté un porte-parole de la compagnie aérienne. 

Or, les pilotes, qui ont dit avoir été incités à décoller avec moins de carburant qu'à l'accoutumé", ont
également affirmé avoir été dissuadés de signaler des problèmes de sécurité sous peine de sanctions disciplinaires.