La hausse du prix des carburants est "la double, voire la triple peine", selon le vice-président de l’Association des maires ruraux de France

Louis Pautrel, maire du Ferré en Bretagne, a réagi lundi sur franceinfo à la hausse des taxes sur les carburants. 

Pompes à essence.
Pompes à essence. (STÉPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

Plusieurs associations appellent à des manifestations le 17 novembre contre l'augmentation du prix des carburants qui affecte "directement" le "pouvoir d'achat" des habitants ruraux, estime Louis Pautrel, maire du Ferré en Bretagne et vice-président de l’Association des maires ruraux de France (AMRF). "C'est une nouvelle punition", a déclaré l'élu lundi 5 novembre sur franceinfo. "Il faut arrêter le calendrier d'augmentation des taxes. Tout est possible pour un gouvernement, c'est une question de volonté", a-t-il avancé.

franceinfo : L'augmentation du prix des carburants est-elle vraiment un problème insurmontable pour les Français qui résident en milieu rural ?

Louis Pautrel : Tout à fait, car ils prennent cela comme la double ou la triple peine. On est totalement dépendant de la voiture pour des trajets domicile-travail, pour des trajets vers l'école, les activités sportives et culturelles et c'est très mal vécu sur nos territoires, sachant que nos habitants bien souvent ont des revenus qui sont faibles. Cela affecte directement leur pouvoir d'achat. C'est une nouvelle punition parce qu'aujourd'hui quand on va faire son plein de carburant, on fait également le plein de taxes. Je pense qu'on aurait pu anticiper les choses. En février-mars 2016, le prix du gasoil était de 0,999 euros, aujourd'hui il est d'1,50 euro. Pour un ménage qui a besoin de 45 litres la semaine, multiplié par une augmentation de 50% sur 52 semaines, cela fait un surcoût de 1 150 euros. C'est l'équivalent d'un Smic à l'année qui s'en va à cause de l'augmentation du carburant depuis 2016 et ça je ne peux pas l'accepter.

Parmi les mesures avancées par le gouvernement, il y a notamment le renforcement des primes pour changer de véhicule. Qu'en pensez-vous ?

On a mis complètement la charrue avant les bœufs. Si les élus locaux n'avaient pas réagi, le gouvernement n'aurait pas réfléchi à prendre des mesures sur le sujet et ce n'est pas en proposant un éco-prêt à des habitants qu'on va résoudre le problème car l'habitant doit s'endetter pour être en capacité de répondre à la problématique. Par ailleurs, nos constructeurs automobiles sont-ils en capacité de répondre à une très forte augmentation de la demande en véhicules hybrides ou électriques ?

Quelle(s) solution(s) préconisez-vous ?

Je suis très pragmatique. Dans un premier temps, il faut arrêter le calendrier d'augmentation des taxes. Tout est possible pour un gouvernement, c'est une question de volonté. On acte très sérieusement la fracture territoriale. Sur ma commune et les communes voisines on n'a pas de métro, on n'a pas de tramway, on n'a pas des lignes de bus, de transports collectifs. On a cette obligation de prendre la voiture et je trouve que c'est un peu trop facile de venir une nouvelle fois taxer celui qui vit à la campagne et celui qui, tous les jours, va travailler tout simplement.